Le gouvernement va accélérer la campagne vaccinale contre le COVID-19

Le gouvernement va accélérer la campagne vaccinale contre le COVID-19

Le gouvernement français entend accélérer la campagne vaccinale contre le coronavirus, ont assuré dimanche plusieurs ministres dans le sillage de leur collègue de la Santé Olivier Véran, en réponse aux demandes d’Emmanuel Macron et aux critiques sur un démarrage jugé trop lent.

(Reuters) - Une semaine après le début de la campagne de vaccination, seules quelques centaines de personnes âgées ont pour l’instant reçu une injection en France, où la vaccination n’est pas obligatoire et soumise à un consentement.

“L’accélération demandée par le président est déjà engagée”, déclare dans Le Parisien Dimanche le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, en référence aux propos d’Emmanuel Macron dans ses voeux aux Français : “Je ne laisserai pas une lenteur injustifiée s’installer pour de mauvaises raisons.”

Le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, lui a fait écho sur BFM TV.

“Est-ce que nous devons aller plus vite ? La réponse est oui”, a-t-il dit. “Nous allons accélérer la politique vaccinale”.

Plusieurs dizaines de membres du personnel soignant ont commencé à se faire vacciner samedi à l’Hôtel-Dieu à Paris.

A partir de lundi, les soignants âgés de 50 ans et plus qui le souhaitent pourront les imiter dans les centres disposant de vaccins, conformément à l’annonce en ce sens faite cette semaine par Olivier Véran.

“Il faut vacciner tous les soignants dans les plus brefs délais, y compris les médecins de ville”, a estimé dimanche sur franceinfo le président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), Jean-Paul Ortiz.

Le ministre de la Santé a en outre promis la mise en place “avant début février” de centres de vaccination en ville “pour les personnes âgées de 75 ans et plus, puis les 65 ans et plus, etc.”

La vaccination dans les pharmacies est aussi envisagée.

Selon Gabriel Attal, 500.000 doses vaccinales ont déjà été reçues et 500.000 doses supplémentaires arriveront chaque début de semaine.

“On ne juge pas le succès d’une campagne vaccinale de six mois au bout de sept jours”, a-t-il ajouté en réponse aux critiques en provenance de responsables de santé et du monde politique.

Au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, le député européen du Rassemblement national Jordan Bardella a dénoncé “une certaine forme de tâtonnement” qui montre qu’”en réalité, rien n’a été préparé” par le gouvernement.

“On est dans l’amateurisme le plus total surtout quand on se compare avec les autres pays européens”, a-t-il dit.

Plus de 100.000 personnes ont déjà été vaccinées en Allemagne et au Royaume-Uni.

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a fixé dimanche l’objectif de vacciner des “dizaines de millions de personnes” contre le COVID-19 dans les trois mois.

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En Allemagne aussi la campagne de vaccination est critiquée

On se demande en France comment l’Allemagne, qui a également reçu ses doses de vaccin il y a une semaine, a déjà pu vacciner 165 000 personnes. Mais de façon surprenante l’heure n’est pas ici à l’autocongratulation de l'autre côté de la frontière.

Au contraire, les critiques contre le gouvernement fusent de toutes parts comme si rien ne s’était passé depuis dimanche dernier. La critique majeure concerne le nombre de doses de vaccin BioNTech/Pfizer jugé insuffisant : quatre millions de doses d’ici la fin du mois, douze millions d’ici fin mars.

Berlin espère que l’autorisation du vaccin Moderna va apporter un bol d’air. Un site de production supplémentaire de BioNTech en Allemagne ou l’autorisation de vacciner six et non cinq personnes avec un flacon sont autant de pistes pour améliorer la situation.