Immigration : l'OFII propose de "lutter contre la ghettoïsation"

L'OFII propose de "lutter contre la ghettoïsation"

Le directeur de l'OFII (Office français de l'immigration et de l'intégration), Didier Leschi, auteur de "Ce grand dérangement - L'Immigration en face" était l'invité de Julian Bugier sur Europe 1. Il est revenu sur plusieurs propositions de son ouvrage pour favoriser l'intégration des étrangers qui viennent d'arriver en France.

Invité d'Europe 1, le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii), Didier Leschi, est revenu vendredi sur plusieurs propositions de son ouvrage Ce grand dérangement - L'Immigration en face, publié aux éditions Tractent Gallimard, pour favoriser l'intégration. Pour lui, l'idée est de disperser les nouveaux arrivants sur le territoire pour qu'ils ne soient pas ghettoïsés ou encore d'instaurer des plafonds d'élèves dans les classes issues des diasporas. Et il compare notamment le système d'accueil des réfugiés en France à celui de plusieurs pays d'Europe, dont l'Allemagne.

"L'idée, c'est de lutter contre les ghettos"

"Dans ces pays européens, les personnes qui obtiennent le statut de réfugié, on les oriente vers un hébergement ou un logement dès lors qu'elles n'ont pas la capacité de travailler parce qu'elles ne connaissent pas encore la langue suffisamment ou n'ont pas la formation suffisante. Eh bien, elles sont d'une certaine manière assignées à un endroit précis. On leur dit 'Vous ne pouvez pas quitter cet endroit tant que vous n'avez pas acquis l'autonomie', a expliqué l'auteur de Ce grand dérangement - L'Immigration en face.

Avant de poursuivre : "L'idée, c'est de lutter contre les ghettos parce que notre particularité, c'est que d'une certaine manière, on laisse après les personnes aller où elles veulent en fonction de leurs affinités de liens communautaires. Et malheureusement, elles peuvent aller dans des zones où la difficulté d'accès au logement est totale et où il n'y a pas de travail."

"Des effets sur les générations futures"

Dans son ouvrage, Didier Leschi explique également que l'immigration est un phénomène essentiellement urbain et que 66% des immigrés résident dans une ville de plus de 100.000 habitants : "Prenons la Seine-Saint-Denis par exemple. Quand on a des classes où ceux qui ont le français comme langue maternelle sont minoritaires par rapport à ceux qui n'ont pas le français comme langue maternelle, on a des difficultés scolaires qui s'accumulent", pointe-t-il du doigt.

Le directeur de l'Ofii se base également sur un rapport de la Cour des comptes concernant justement la politique de la Ville : "Elle pointe deux choses. Elle dit très clairement 'Nous n'avons pas une politique de peuplement et donc nous laissons les personnes s'accumuler dans les mêmes zones et ça a des effets sur les générations futures en termes d'intégration scolaire'".

Pour lui, les réseaux sociaux ne facilitent pas non plus l'intégration des nouveaux arrivants en France : "Pendant très longtemps, les étrangers rentraient dès leur arrivée dans le bain culturel et le bain linguistique. C'est ce que les enseignants appellent 'l'immersion totale', à la fois dans la langue, et à partir de cette langue, dans la culture. Aujourd'hui, vous avez des immigrants qui peuvent rester en contact permanent avec leurs proches, ce qui peut être une bonne chose, mais aussi avec leur culture d'origine et cette culture d'origine, elle peut être très en contradiction avec notre propre façon de vivre."