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La BAD relève ses prévisions pour l’Algérie : 4,1 % de croissance attendue en 2026

Ecrit Par Maglor — La Banque africaine de développement (BAD) a révisé à la hausse ses projections concernant l'économie algérienne. La croissance du produit intérieur brut devrait atteindre 4,1 % en 2026, contre 3,4 % dans les estimations précédentes. Une correction significative, qui valide en partie les orientations retenues par Alger depuis le tournant de 2023.

Le moteur industriel et agricole

L'institution panafricaine attribue cette performance à « une forte production manufacturière et agricole », soutenue par l'investissement et par la consommation des ménages. Le détail compte : pendant des décennies, la croissance algérienne se lisait presque exclusivement à travers le prix du baril. Voir la BAD citer d'abord l'industrie et l'agriculture marque un déplacement du centre de gravité, même partiel.

L'Algérie a en effet concentré ses efforts sur les filières où la substitution aux importations produit un gain immédiat : automobile, industrie pharmaceutique, électronique, sidérurgie. La logique est double — réduire une facture extérieure longtemps considérée comme excessive, et constituer progressivement une base exportatrice hors hydrocarbures. Les résultats sont inégaux selon les secteurs, mais la trajectoire est cohérente.

La numérisation comme levier administratif

Parallèlement, le Haut-Commissariat à la numérisation (HCN) a annoncé l'intégration de cinq nouveaux services numériques liés au secteur des impôts. Cette dématérialisation progressive répond à un enjeu qui dépasse le confort de l'usager : la traçabilité des flux fiscaux et la réduction des marges d'arbitraire administratif conditionnent la confiance des investisseurs, nationaux comme étrangers.

Le chef de l'État a formulé l'objectif sans ambiguïté : « faire de l'Algérie une économie émergente grâce à la numérisation, au développement de l'agriculture saharienne et à l'augmentation de nos exportations hors hydrocarbures. » Ces trois axes structurent l'essentiel du discours économique officiel depuis plusieurs exercices budgétaires.

L'agriculture saharienne, pari de long terme

Le développement des périmètres agricoles du Sud constitue l'un des chantiers les plus ambitieux — et les plus discutés. Les surfaces disponibles y sont considérables, l'ensoleillement optimal, mais la ressource hydrique repose sur des nappes fossiles dont le renouvellement est nul à l'échelle humaine. Les choix de cultures, la maîtrise de l'irrigation et la gestion des concessions détermineront si cette stratégie produit une sécurité alimentaire durable ou une bulle temporaire.

Les partisans du projet soulignent que l'Algérie importe encore massivement céréales, lait et huiles, pour plusieurs milliards de dollars annuels. Réduire ne serait-ce qu'un quart de cette facture libérerait des devises considérables pour l'investissement productif.

Des interrogations persistantes

Plusieurs économistes appellent toutefois à la prudence. La croissance mesurée reste tributaire de la dépense publique, elle-même adossée aux recettes d'hydrocarbures. Tant que le secteur privé formel ne prend pas le relais en matière de création d'emplois et d'exportations, la diversification demeure une intention plus qu'un fait accompli.

La question du climat des affaires revient régulièrement dans les analyses : accès au financement bancaire, délais de procédures, prévisibilité réglementaire. Les réformes engagées sur ces terrains sont réelles mais leur mise en œuvre reste hétérogène selon les wilayas et les secteurs.

Pour la communauté algérienne de France, ces évolutions se lisent aussi à travers un prisme pratique : celui des conditions d'investissement au pays, des transferts de fonds et des opportunités entrepreneuriales que pourrait ouvrir une économie moins administrée.

Sources : Banque africaine de développement, Haut-Commissariat à la numérisation, presse économique algérienne.

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