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Ceuta : Bourita promet à l'Espagne la "pleine collaboration" du Maroc pour le retour des migrants

Nasser Bourita et José Manuel Albares

Maglor - Après deux mois de tensions diplomatiques et migratoires autour de Ceuta, les ministres des Affaires étrangères du Maroc et de l'Espagne se sont retrouvés à New York pour tenter de dénouer la crise. À l'issue de leur rencontre en marge de l'Assemblée générale des Nations Unies, le 24 septembre 2026, Nasser Bourita a renouvelé l'engagement de Rabat : le Maroc apportera sa "pleine collaboration" pour organiser le retour des migrants entrés massivement à Ceuta fin juillet.

La crise du 30 juillet toujours sans issue

Tout a commencé le 30 juillet 2026, lorsque des milliers de migrants ont franchi la frontière entre le Maroc et l'enclave espagnole de Ceuta dans un afflux massif sans précédent depuis plusieurs années. Des semaines plus tard, une partie significative de ces personnes se trouve toujours sur le territoire espagnol, dans l'attente d'une régularisation ou d'un retour.

L'entretien entre Bourita et son homologue espagnol José Manuel Albares a précisément porté sur le sort de ces migrants en situation irrégulière — ceux qui ne peuvent bénéficier d'aucune protection internationale. Selon des sources du ministère espagnol des Affaires étrangères citées par Europa Press, Bourita a assuré que le Maroc collaborerait pour qu'ils puissent repartir "le plus rapidement possible".

Rabat s'interrogeait déjà depuis le 10 septembre

Cette déclaration n'est pas nouvelle dans le fond. Dès le 10 septembre, le ministère marocain des Affaires étrangères avait publiquement demandé pourquoi les personnes entrées illégalement les 30 et 31 juillet n'avaient toujours pas été renvoyées, alors que le Maroc s'était engagé à les réadmettre. Rabat avait également critiqué le maintien en Espagne de mineurs non accompagnés séparés de leurs familles.

La posture marocaine est donc claire : le principe des retours est accepté, pour les personnes sans droit à l'asile ou à une protection quelconque. Mais Rabat renvoie la responsabilité de l'exécution concrète du côté espagnol. Bourita l'a d'ailleurs dit explicitement : "Si les immigrés n'ont pas été retournés, si les mineurs n'ont pas été retournés, ce n'est pas au Maroc qu'il faut demander des comptes, c'est à l'Espagne."

Albares remet la souveraineté sur la table

L'entretien ne s'est pas limité à la gestion des flux migratoires. Albares a tenu à rappeler que la relation entre Madrid et Rabat devait reposer sur le respect de la souveraineté, de l'intégrité territoriale et des principes de la déclaration conjointe de 2022. Une mise au point directement liée aux déclarations de plusieurs ministres marocains qui avaient, ces derniers mois, revendiqué Ceuta et Melilla comme territoires marocains.

Le ministre espagnol avait été on ne peut plus clair quelques jours auparavant : "L'Espagne ne parle ni avec le Maroc ni avec personne de son intégrité territoriale, qui comprend bien sûr Ceuta et Melilla." Bourita, pour sa part, avait déjà précisé que ces déclarations individuelles ne reflétaient pas la position officielle du gouvernement marocain.

Un dossier symptomatique des tensions maroco-espagnoles

La crise de Ceuta illustre la fragilité persistante des relations entre Rabat et Madrid, malgré la déclaration commune de 2022 qui avait semblé tourner la page d'une période tendue. La question migratoire, instrumentalisée des deux côtés, reste un levier de pression dans une relation bilatérale structurellement complexe, mêlant coopération économique, enjeux sécuritaires et contentieux territorial.

Sources : Bladi.net, Morocco World News, The Diplomat in Spain — 24-25 septembre 2026

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