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Nancy : les lycéens bloquent le lycée Poincaré contre la suppression de 4 000 postes d'enseignants

Maglor.fr - Le 29 avril 2026, dès 7 heures du matin, des dizaines de lycéens ont bloqué les entrées du lycée Henri Poincaré à Nancy. Répondant à un appel national lancé par l'organisation Solidarité lycéenne, ils protestaient contre la suppression de 4 000 postes d'enseignants prévue par le gouvernement pour la rentrée 2026. La police est intervenue vers 9h30, mettant fin au blocus dans le calme. Trois lycéens ont été contrôlés et pourraient être convoqués devant le tribunal.

«Tout ce qu'on nous offre comme avenir, c'est la guerre»

La formule, reprise par France 3 Lorraine, résume la colère des manifestants. Les lycéens nancéiens pointent un choix budgétaire qu'ils jugent inacceptable : alors que le budget de la Défense a augmenté de 6,7 milliards d'euros pour atteindre 57,1 milliards en 2026, l'Éducation nationale voit ses effectifs enseignants amputés. Le slogan «Plus de profs, moins d'armes» circulait ce matin-là devant les grilles du lycée.

Des professeurs affiliés au syndicat FSU ont rejoint le rassemblement pour apporter leur soutien aux lycéens. Le mouvement à Nancy s'est étendu à d'autres villes de France, dans le cadre de cette mobilisation nationale coordonnée par Solidarité lycéenne.

4 000 postes supprimés : le chiffre qui mobilise

Le gouvernement justifie les suppressions de postes par une baisse démographique : 160 000 élèves en moins sont attendus à la rentrée 2026 à l'échelle nationale. Mais les syndicats et les lycéens contestent cette logique. Supprimer des enseignants avant même que la baisse démographique soit pleinement absorbée reviendrait, selon eux, à dégrader les conditions d'enseignement pour les élèves encore présents. Certains lycéens nancéiens redoutaient des classes pouvant atteindre 40 élèves dès septembre.

Le lycée Henri Poincaré, l'un des établissements les plus emblématiques de Nancy, réputé notamment pour ses classes préparatoires, est devenu ce mercredi matin le symbole de cette résistance. Dans l'académie de Nancy-Metz, les effectifs de collégiens et lycéens pourraient reculer de 17,6 % d'ici 2035, selon les projections de l'Éducation nationale — un contexte que les syndicats jugent alarmant si les suppressions de postes se poursuivent au même rythme.

Une mobilisation qui s'inscrit dans un mouvement national

Le blocus du 29 avril n'était pas un acte isolé. Il faisait suite à une grève nationale le 31 mars 2026 qui avait mobilisé 7,56 % des enseignants et personnels de l'Éducation nationale, selon les chiffres du ministère. L'intersyndicale, dont la FSU présente sur le parvis du lycée Poincaré, avait annoncé une nouvelle journée nationale de mobilisation pour le 17 mai 2026.

La question des moyens alloués à l'école publique mobilise bien au-delà des grandes métropoles. À Nancy comme ailleurs, les lycéens et leurs familles expriment une inquiétude profonde face à ce qu'ils perçoivent comme un recul de l'investissement dans l'éducation au profit d'autres priorités budgétaires.

Pour la communauté maghrébine de France, largement représentée dans les établissements scolaires du Grand-Est, la dégradation annoncée des conditions d'apprentissage est une préoccupation très concrète. Beaucoup de familles voient dans l'école publique le principal levier de réussite et d'ascension sociale pour leurs enfants. La suppression de postes d'enseignants touche de plein fouet les quartiers où les besoins éducatifs sont souvent les plus importants.

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