Ecrit Par Maglor — La conjoncture économique du Grand Est offre un tableau contrasté. Selon un point de conjoncture de l'INSEE publié début juillet 2026 et consacré au premier trimestre, la Moselle voit son emploi salarié reculer alors que la création d'entreprises, à l'échelle de la région, connaît un net regain.
Un marché du travail qui se tend en Moselle
En Moselle, l'emploi salarié a diminué de 0,2 % et le volume d'heures rémunérées a chuté de 1,6 % par rapport au premier trimestre 2025. Le taux de chômage progresse de 0,2 point pour atteindre 7,7 %. Ce sont l'industrie et la construction qui ont supporté l'essentiel des pertes, tandis que les services ont mieux résisté.
Les écarts territoriaux sont marqués. La zone d'emploi de Forbach dépasse les 10 % de chômage, quand celle d'Épernay reste sous les 5 %. Le Haut-Rhin et les Vosges ont enregistré des pertes d'emplois plus prononcées encore, ce qui montre que le ralentissement touche l'ensemble de la région, de la Lorraine à l'Alsace.
Un sursaut de l'entrepreneuriat
Face à ce recul, un indicateur détonne : les créations d'entreprises dans le Grand Est ont bondi de 13,5 % sur un an, avec plus de 18 500 immatriculations au cours du trimestre. Ce dynamisme, porté notamment par les services, pourrait compenser en partie les emplois industriels perdus, même si les créations d'entreprises, souvent des micro-entreprises, ne se traduisent pas toujours par des embauches durables.
Pourquoi cela concerne la communauté maghrébine
Dans le Grand Est, de nombreux habitants d'origine maghrébine travaillent dans l'industrie, le bâtiment, la logistique et les services à la personne, des secteurs sensibles à la conjoncture. Dans le même temps, l'entrepreneuriat est un levier d'insertion important : commerces, restauration, transport, artisanat et services numériques comptent parmi les activités où les créateurs issus de la diaspora sont nombreux, notamment dans les zones urbaines de Strasbourg, Metz, Mulhouse ou Nancy.
Les dispositifs d'accompagnement, tels que les réseaux d'aide à la création, les microcrédits ou les couveuses d'entreprises, prennent donc une importance particulière dans un contexte où l'emploi salarié se contracte. Les territoires de l'ancien bassin industriel, comme celui de Forbach, sont à cet égard au cœur des préoccupations des élus et des acteurs économiques.
Les points de vigilance
Ces données portent sur le premier trimestre et devront être confirmées par les publications suivantes. Les observateurs surveilleront en particulier la solidité des entreprises nouvellement créées et la capacité de la région à reconvertir ses salariés de l'industrie vers des activités en croissance, notamment l'énergie, la santé et le numérique.