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Sahara occidental : Alger fixe quatre exigences à l'approche de la résolution onusienne du 31 octobre

Illustration Maglor

Ecrit Par Maglor — À quelques semaines d'une échéance diplomatique attendue aux Nations unies, l'Algérie a réaffirmé sa position sur le dossier du Sahara occidental. Le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a détaillé à l'occasion de la Journée de la diplomatie les quatre conditions qui, selon Alger, doivent présider à un règlement définitif du conflit.

Une échéance onusienne sous tension

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se prononcer sur une résolution prévue pour le 31 octobre 2026. Selon les éléments rapportés par la presse algérienne, les États-Unis pourraient souhaiter y faire figurer le plan d'autonomie marocain comme unique cadre de solution. Or le processus de discussion engagé depuis un an entre le Maroc et le Front Polisario n'a, à ce stade, produit aucune avancée tangible.

C'est dans ce contexte qu'Alger a choisi de s'exprimer, en mettant en garde contre toute solution imposée qui ne respecterait pas le principe d'autodétermination. Le chef de la diplomatie algérienne a dit redouter les tentatives de contourner la légalité internationale et de placer les acteurs devant un fait accompli.

Les quatre exigences d'Alger

Pour Ahmed Attaf, un règlement définitif doit répondre à quatre critères. Il doit d'abord mettre fin au conflit. Il doit ensuite rendre justice au peuple du Sahara occidental. Il doit également préserver la crédibilité des Nations unies. Enfin, il doit renforcer la sécurité, la stabilité et l'intégration régionale, afin de répondre aux aspirations des peuples de la région au bien-être et au développement.

Le ministre a par ailleurs dénoncé les « tentatives visant à détourner la question du Sahara occidental de son essence », en particulier celles qui chercheraient à la réduire à un simple dossier de réfugiés. Pour Alger, il s'agit d'une question de décolonisation, qualifiée de « vieux conflit colonial » et de dernier du genre en Afrique.

Une position constante, des lectures opposées

La position algérienne n'est pas nouvelle : elle s'inscrit dans la ligne défendue de longue date par Alger, qui se présente comme soutien du droit à l'autodétermination du peuple sahraoui. Début 2026, l'Algérie avait indiqué vouloir contribuer à une solution politique durable et juste.

De son côté, Rabat défend le plan d'autonomie sous souveraineté marocaine comme base réaliste de règlement, une approche qui a recueilli ces dernières années le soutien de plusieurs capitales occidentales. Les deux lectures, difficilement conciliables, rendent l'issue de la séquence onusienne incertaine.

Ce que cela change pour la région

Au-delà du texte qui sera discuté à New York, l'enjeu dépasse le seul territoire disputé. Les relations entre l'Algérie et le Maroc sont rompues depuis 2021, la frontière terrestre est fermée, et le dossier du Sahara occidental reste le principal obstacle à tout rapprochement. Pour les communautés maghrébines établies en France, qui suivent de près l'évolution des relations entre les deux rives, une avancée diplomatique serait synonyme de circulation facilitée et de coopération économique retrouvée.

Il reste désormais quelques semaines avant le vote. D'ici là, les consultations diplomatiques vont s'intensifier, et la formulation retenue par le Conseil de sécurité sera scrutée à Alger comme à Rabat. Maglor suivra l'évolution de ce dossier.

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