Ecrit Par Maglor — L'usine Stellantis de Mulhouse sera à l'arrêt du 15 au 30 octobre 2026, la plus longue interruption annoncée parmi les quatre sites français concernés par des suspensions de production. Une nouvelle qui inquiète les salariés alsaciens, même si l'avenir du site n'est pas remis en cause.
Une production à l'arrêt pendant quinze jours
Les modèles assemblés à Mulhouse, les Peugeot 308 et 408, sont deux véhicules en fin de vie qui ne peuvent pas recevoir les batteries longue autonomie. Selon la CFTC, citée par la presse économique, la nouvelle 308 se vend par ailleurs moins bien que prévu. À partir de novembre, l'organisation du travail passera de deux équipes à une équipe et demie.
Les autres sites touchés sont Sochaux (du 23 au 30 octobre), Rennes (du 22 au 30 octobre) et Poissy (du 19 au 23 octobre). Pour Sochaux et Rennes, Stellantis invoque une demande supérieure aux capacités d'approvisionnement en batteries longue autonomie, dans un contexte où la hausse du prix des carburants a stimulé les commandes de modèles électriques. À Poissy, il s'agit d'une gestion de stocks, le groupe ayant annoncé en avril la fin de l'assemblage dans l'usine d'ici 2028.
Des salariés inquiets pour leurs revenus
Pour les salariés, le chômage technique se traduit par un manque à gagner. Les syndicats évoquent des pertes de plusieurs centaines d'euros. La CGT de Stellantis Mulhouse demande de conserver tous les salariés, intérimaires compris, de réduire les cadences et de profiter de la période pour améliorer les conditions de travail et former les équipes. Elle estime qu'il n'appartient pas aux salariés de payer les ajustements du groupe.
Un site qui garde une place stratégique
Malgré ces turbulences, l'avenir de l'usine alsacienne n'est pas officiellement remis en cause. Mulhouse doit recevoir 400 millions d'euros sur le milliard d'euros d'investissements annoncé en juin pour la France, afin d'assembler trois nouveaux modèles compacts à partir de 2029.
La question des batteries reste au cœur du dossier. ACC, la coentreprise de Stellantis, Mercedes et TotalEnergies, produit à Douvrin, dans le Pas-de-Calais, les batteries des versions longue autonomie. Fin 2025, son ancien directeur général estimait la production à la moitié de l'objectif annuel ; ACC conteste aujourd'hui tout retard et affirme que sa production du seul mois de septembre 2026 serait proche de celle de toute l'année 2025.
Un enjeu régional
L'usine de Mulhouse est l'un des principaux employeurs industriels du Haut-Rhin, et son activité irrigue un tissu dense de sous-traitants et de familles, dont de nombreuses issues de l'immigration maghrébine qui ont contribué à bâtir l'industrie automobile alsacienne et franc-comtoise. Chaque arrêt de production se répercute sur l'emploi local, l'intérim et le commerce de proximité.
Dans une période où le prix des carburants pèse déjà sur les budgets, la perte de revenu liée au chômage technique ajoute une pression supplémentaire. Les organisations syndicales demanderont des garanties à la direction dans les prochains jours, tandis que l'ensemble de la filière attend de voir si la montée en puissance des batteries permettra de relancer rapidement les chaînes.