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Algérie : le projet de loi de finances 2027 veut faire payer le sable du Sahara

Ecrit Par Maglor — C'est une première en Algérie : le projet de loi de finances (PLF) 2027 prévoit d'instaurer une redevance sur l'exploitation des sables sahariens. Une mesure inscrite à l'article 182 du texte, rapportée par TSA Algérie le 13 octobre, qui vise à faire entrer dans les caisses de l'État une ressource jusque-là prélevée sans contrepartie.

Une redevance de 500 dinars par mètre cube

Le texte institue « une redevance due au titre de l'utilisation et de l'exploitation des sables sahariens », y compris ceux des dunes et ceux issus des tempêtes. Le taux envisagé est de 500 dinars par mètre cube extrait, à verser auprès de la caisse de l'inspection des domaines territorialement compétente. Des modalités complémentaires pourront être précisées par arrêté interministériel des ministères de l'Intérieur et des Finances.

Le gouvernement en attend des recettes de 700 millions de dinars par an. Dans l'exposé des motifs, il estime que cette exploitation à grande échelle, menée sans contrepartie financière, « prive le Trésor public d'une ressource financière importante » et affiche l'objectif d'accroître les ressources du budget de l'État.

17 wilayas du Sud concernées

La redevance couvrirait dix-sept wilayas du Sud, dont Adrar, Tamanrasset, Béchar, Illizi, Tindouf, Ouargla, Ghardaïa, El Oued, In Salah, Djanet, Timimoun ou encore Touggourt. Quelque 250 points d'extraction ont été recensés. Le sable saharien alimente le bâtiment, les travaux publics, l'industrie, les travaux routiers, les infrastructures de base et la construction de barrages.

Les quantités extraites sont estimées à 1,34 milliard de mètres cubes par an, un volume considérable qui illustre le poids de cette matière première dans les chantiers du pays.

Un point à éclaircir

Les chiffres avancés ne concordent pas tout à fait. À 500 dinars le mètre cube, 700 millions de dinars de recettes correspondraient à environ 1,4 million de mètres cubes taxés, très loin des 1,34 milliard de mètres cubes extraits chaque année. Aucune explication n'est fournie à ce stade : le texte pourrait prévoir des exonérations, des seuils ou une montée en charge progressive. Ces précisions devront figurer dans les débats parlementaires et dans les textes d'application.

À ce jour, aucune réaction d'opérateurs économiques ou d'experts n'a été rapportée. Les entreprises du bâtiment et des travaux publics, premières consommatrices de sable, seront pourtant en première ligne : une redevance pourrait se répercuter sur le coût des chantiers.

Un budget sous contrainte

Cette mesure s'inscrit dans un PLF 2027 qui cherche à concilier préservation du pouvoir d'achat et renflouement du Trésor. Elle intervient dans un contexte où l'État multiplie les grands chantiers d'infrastructures et doit diversifier ses recettes en dehors des hydrocarbures. Le texte doit maintenant être examiné par le Parlement, qui pourra l'amender avant son adoption définitive.

Source : TSA Algérie.

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