Ecrit Par Maglor — Face aux déserts médicaux, la Région Grand Est change de méthode. Le 7 octobre 2026, à Metz, l'assemblée générale constitutive du GIP Santé Grand Est (GIP SAGE) s'est réunie, sous la présidence de Franck Leroy, président de la Région. L'objectif : employer directement des médecins, des infirmiers et du personnel de coordination, afin de les affecter dans des centres de santé situés dans des zones sous-dotées.
Une alternative à l'installation libérale
Ce groupement d'intérêt public s'inscrit dans le Pacte pour les ruralités, adopté en avril 2024. Il propose aux praticiens une alternative à l'installation en cabinet privé : ils sont salariés, et donc dispensés des charges d'investissement, de comptabilité, d'administration, de secrétariat et de facturation. Des équipes de soutien prennent en charge ces tâches pour que les médecins puissent se concentrer sur les soins. Pour de jeunes diplômés, notamment ceux issus de la diversité ou formés à l'étranger, ce mode d'exercice peut représenter une porte d'entrée plus accessible dans les territoires.
Un calendrier précis
Trois centres de santé ouvriront en 2027, puis six en 2028. Les premiers projets concernent Gondrecourt-le-Château, dans la Meuse, et Darney, dans les Vosges, dont les intercommunalités (Portes de Meuse et Vosges côté Sud-Ouest) sont membres du groupement. La prochaine étape est le lancement d'une campagne de recrutement. Julien Didry, vice-président du Département de la Meuse, figure parmi les membres fondateurs, et le Dr Myriam Sommi assure la direction préparatoire.
Un financement partagé
La Région et les autres collectivités participantes se partagent à parts égales les coûts de chaque site. Un collège d'experts accompagne le dispositif : l'Agence régionale de santé, l'Assurance maladie, les facultés de médecine de Reims, Nancy et Strasbourg, les représentants des professionnels, la fédération nationale des centres de santé, la FEMAGE et des représentants de patients.
Un enjeu d'égalité d'accès aux soins
Franck Leroy l'a rappelé : consulter un médecin à proximité doit être possible pour chaque habitant du Grand Est. La question concerne l'ensemble des familles, y compris les populations d'origine maghrébine installées en Moselle, en Alsace ou en Lorraine, souvent confrontées, comme beaucoup d'autres, à la difficulté de trouver un médecin traitant et aux délais de rendez-vous. Beaucoup de médecins formés hors de l'Union européenne, dont de nombreux praticiens maghrébins, exercent déjà dans les hôpitaux de la région.
Reste à vérifier que le recrutement suivra : le succès du dispositif dépendra de l'attractivité des conditions salariales et de la capacité des territoires à offrir un cadre de vie et de travail satisfaisant aux praticiens et à leurs familles.