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Algérie : le Parlement convoqué en session extraordinaire dimanche, la question d'un engagement militaire au Niger

Ecrit Par Maglor — Les deux chambres du Parlement algérien sont convoquées en réunion extraordinaire dimanche 25 octobre 2026. Selon le quotidien El Khabar, repris par TSA, l'ordre du jour porterait sur la coopération militaire avec le Niger et sur un décret présidentiel relatif à la défense nationale. Aucune annonce officielle n'a toutefois été faite à ce stade.

Des convocations par SMS, sans ordre du jour

L'Assemblée populaire nationale (APN) doit se réunir à 10 heures, suivie du Conseil de la nation dans l'après-midi. Les élus ont reçu des convocations « sous forme de SMS très brefs », sans mention du programme des séances. D'après des sources parlementaires, il s'agirait d'examiner et d'approuver un décret présidentiel pris en application de l'alinéa 2 de l'article 91 de la Constitution, qui permet au chef de l'État d'envoyer des unités de l'Armée nationale populaire (ANP) à l'étranger.

Ce type d'engagement exige une majorité des deux tiers dans chaque chambre, une disposition introduite par la révision constitutionnelle de 2020. Les interventions seraient limitées à vingt minutes pour les présidents des groupes parlementaires.

Le Niger au centre de l'attention algérienne

Plusieurs éléments récents éclairent cette convocation. Fin août, Alger a envoyé quatre avions de chasse Su-30 au Niger, au lendemain d'une tentative de putsch avortée. Le 3 octobre, le président Abdelmadjid Tebboune a assuré qu'il ne s'agissait pas d'un changement de doctrine de défense, qualifiant la tentative de coup d'État de « provocation » survenue juste après la visite à Alger du Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine. Il a aussi évoqué des accords conclus avec Niamey dans le pétrole et les mines.

Le 10 octobre, depuis Béchar, le chef d'état-major, le général d'armée Saïd Chanegriha, a affirmé que l'Algérie n'aborde pas les crises sahéliennes en « acteur externe » mais en partenaire, la stabilité des voisins étant liée à la sienne. Le 21 octobre, en recevant le ministre nigérien de la Défense, il a redit la disposition de l'ANP à examiner toute proposition de renforcement de la coopération militaire et sécuritaire.

Doctrine de défense : continuité ou inflexion ?

Le gouvernement met en avant la continuité de la doctrine algérienne, traditionnellement fondée sur la non-intervention hors des frontières. Plusieurs analystes y voient pourtant une évolution liée à la situation au Sahel. L'ancien ambassadeur Amar Belani estime que l'Algérie pourrait renforcer son soutien à Niamey face à une stratégie de déstabilisation régionale qu'il attribue à des acteurs extérieurs, et qui viserait notamment à freiner le projet de gazoduc transsaharien. Un ancien diplomate interrogé par TSA décrit le Niger comme « le ventre mou de la région » et juge que Niamey devrait formuler une demande publique et formelle pour faciliter la gestion politique et médiatique du dossier.

Ce qu'il faut surveiller

Trois points seront déterminants : la confirmation officielle de l'ordre du jour, le contenu exact du décret et le résultat du vote des deux chambres. Pour la diaspora algérienne de France, très attentive à la stabilité du pays, l'enjeu est aussi de comprendre jusqu'où Alger entend étendre son rôle sécuritaire dans une région où les équilibres sont fragiles. Les informations citées restent, à ce stade, issues de la presse et de sources parlementaires.

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