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La France et l’Algérie renouent leur coopération migratoire et sécuritaire

Algérie - Drapeau

Maglor - Dans un communiqué commun publié ce lundi 31 mars, la France et l’Algérie ont annoncé la reprise de leur coopération en matière migratoire et sécuritaire. Ce rétablissement des relations, orchestré sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, fait suite à un échange téléphonique entre le président français et son homologue algérien. Cette initiative marque ainsi la fin d’une période de tensions diplomatiques entre les deux pays.

Des réactions contrastées dans le paysage politique français

L’annonce de cette reprise a suscité de vives réactions sur la scène politique et sur les réseaux sociaux. À droite, le Rassemblement national (RN) a exprimé son mécontentement, considérant cette décision comme une « humiliation » pour la France. Les critiques ont également visé Bruno Retailleau, accusé de ne pas avoir imposé une politique plus ferme à l’égard d’Alger.

Éric Ciotti, député de l’Union des Droites pour la République (UDR) et allié du RN, a vivement réagi sur les réseaux sociaux : « Sur l’Algérie, une question simple : où est Monsieur Retailleau ? Pendant des semaines, le ministre de l’Intérieur a montré ses muscles. Mais à la fin, c’est la soumission d’Emmanuel Macron à l’Algérie qui vient de l’emporter ! Les visas seront toujours délivrés par dizaines de milliers et les OQTF non exécutées ! »

Olivier Monteil, conseiller régional du RN, a abondé dans le même sens sur X (anciennement Twitter), dénonçant une « capitulation » du gouvernement français face à Alger. Matthias Renault, député RN, a quant à lui pointé du doigt un « désaveu définitif » de Bruno Retailleau, estimant que ce dernier n’avait été qu’un « ministre de la parole » sans réelle action.

Mélenchon salue une décision stratégique

À gauche, certains responsables politiques ont salué cette reprise de coopération. Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a commenté sur X : « Inaperçu mais très fort : Macron a dégagé Retailleau des affaires sérieuses. L’Algérie et la France, c’est sérieux. Ce n’est pas pour Retailleau et ses provocations de petit politicien. »

Un contexte diplomatique tendu

Cette crise diplomatique avait éclaté après que la France a reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, une décision qui avait provoqué la colère d’Alger, soutien du Front Polisario. Par la suite, d’autres différends avaient contribué à envenimer les relations franco-algériennes : le refus de l’Algérie d’accueillir ses ressortissants sous OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français), l’arrestation et l’incarcération de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal en Algérie, ainsi que l’attitude de certains influenceurs franco-algériens hostiles à la France. Les autorités algériennes ont également été accusées d’alimenter un sentiment anti-français.

Face à ces tensions, le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, avait plaidé pour une « riposte graduée » contre Alger, qui n’a finalement pas abouti, au grand dam d’une partie de la droite française.

La reprise des coopérations entre Paris et Alger constitue donc un tournant dans les relations bilatérales, mais elle ne met pas un terme aux divergences profondes entre les deux pays.

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