Partager sur :

Un jeune musicien joue Feyrouz au Monoprix des Champs Élysées

La musique, il l’a dans le sang depuis son enfance. Une histoire de famille chez Savio Haykal, jeune Libanais… Il joue Feyrouz dans les Monoprix de Paris.

(L'Orient - Le Jour) - Il s’appelle Savio Haykal, il a 18 ans, et le jeune homme, qui vit à Paris depuis 5 mois, s’est fait remarquer sur les réseaux sociaux avec une vidéo devenue virale depuis quelques jours. On le voit jouer au piano, au Monoprix des Champs-Élysées, une chanson de Feyrouz qui va séduire les clients et bien évidemment remuer les expatriés, libanais et arabes, qui passaient par là.

Savio n’en est pas à sa première prestation dans ce lieu et dans d’autres lieux publics de la capitale. Né à Tripoli, après avoir achevé ses études à l’école nationale grecque-orthodoxe des jeunes filles à Zehriyeh, il s’inscrit à l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne en L1 MIASHS (Mathématiques et informatique appliqués aux sciences humaines et sociales).

« Depuis mon arrivée en France, confie-t-il à L’Orient-Le Jour, j’habite dans la famille de mon oncle qui ne possède pas de piano. Ce qui m’a poussé à chercher des lieux où je pouvais en faire, et surtout m’entraîner. Après une petite recherche, j’ai découvert que de nombreux lieux publics en France disposaient d’un piano en libre-service, notamment les gares et les magasins Monoprix. » C’est comme cela que tout a commencé, avec l’idée de jouer en public, de filmer et partager ces moments sur TikTok et Instagram. Cette dernière semaine, le jeune homme a accumulé plus de 43 000 followers et des centaines de milliers de vues.

Même s’il a choisi des études loin du monde de l’art, Savio Haykal aime la musique depuis son enfance. « C’est grâce à mes parents qui m’ont transmis cette passion… Nous disposions de deux pianos, un chez nous et l’autre chez ma grand-mère. Ma mère a une très belle voix, précise-t-il. Malgré la séparation avec mon père, elle a tenu à m’inscrire à des cours hebdomadaires de piano, de chant, de danse, et à des compétitions de musique. Elle m’envoyait toujours des chansons pour apprendre à les jouer ou les chanter. Elle n’a jamais cessé de m’encourager. »

Le musicien en herbe a commencé à étudier le piano à l’âge de 8 ans avec un professeur à domicile, Michel Haddad. « C’est lui qui m’a inculqué la base et a renforcé ma technique musicale. Avec lui, le cours d’une heure s’étendait sur trois ou quatre heures. Il m’a beaucoup poussé tout en étant très exigeant. Je suis resté son élève pendant 8 ans. » En parallèle, à l’âge de 14 ans, il s’inscrit au Conservatoire libanais « pour obtenir un diplôme. J’y suis resté jusqu’au 7e niveau. Je ne pouvais pas passer une journée sans pianoter, c’est devenu un moyen de me divertir et de me relaxer aussi… »

Ce qui a surtout marqué son enfance, observe-t-il, outre les concerts au Safadi Cultural Center dans lesquels il s’est produit, c’est sa participation à The Voice Kids en 2015. « Une expérience qui a beaucoup renforcé ma confiance en moi. J’avais 11 ans, j’étais dans l’équipe de Nancy Ajram, et je suis arrivé jusqu’aux battles. » Il a également fait quelques apparitions télévisées sur OTV ou al-Jadeed.

À présent installé en France pour ses études, il continue de hanter ces lieux où il joue avec bonheur devant des inconnus brusquement sortis de leur routine. « La musique et le piano ont toujours été pour moi un talent que je développerai tout au long de mon parcours professionnel. À l’école, j’étais fort en maths et en informatique et j’ai trouvé cette formation en France (MIASHS) qui lie les deux. Peut -être que, plus tard, je me concentrerais plus sur ma carrière de musicien, mais actuellement je suis en France pour ça, et je suis ravi que ce pays m’ait offert également la chance de montrer mon talent à de si nombreuses personnes. je vais continuer à jouer tout au long de mes études. »

Ces mini-concerts improvisés lui ont permis de faire des rencontres avec des gens venus du monde entier mais aussi des pianistes, une violoniste et une chanteuse. « On se rencontrait une fois par semaine et on jouait au Monoprix des Champs-Élysées, chacun à son tour. Pour ma part, j’y vais une fois par semaine, souvent les samedis, à cause de mes études. Ce qui a le plus attiré les gens à Monoprix, souligne-t-il, c’est Feyrouz. J’ai croisé des Libanais, des Marocains, des Algériens, des Tunisiens et même des Français, qui ont reconnu les chansons que j’interprétais. Leurs réactions m’ont rendu trop fier... »

Alors, pour ce bain de nostalgie et cet air inoubliable venu du Liban, visiter la page Instagram @saviohaykal, pour les personnes qui ne sont pas à Paris, est une belle parenthèse de douceur. Pour les autres, cap sur ces lieux publics pour suivre Savio Haykal et y retrouver un air du Liban. Il partagera ses dates de passage sur son compte.

Partager sur :