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« Une mosquée ce n’est pas une ambassade » : Bruno Retailleau compte traquer la Grande mosquée de Paris et le halal

Rotailleau

Maglor - Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a déclaré ce vendredi 24 janvier avoir chargé ses services d’enquêter sur la "taxe" halal perçue par la Grande Mosquée de Paris, suite aux révélations d’un article publié par L’Opinion. Selon cette enquête, l’institution est accusée d’instaurer un monopole sur la certification halal des produits exportés de l’Union européenne vers l’Algérie, générant des revenus estimés à 5 millions d’euros pour 2024.

Interrogé sur Europe 1, Bruno Retailleau a affirmé son attachement à la loi française concernant les lieux de culte :
« Une mosquée est un lieu de culte, pas une ambassade. »
Il a ajouté avoir demandé une évaluation des conditions de cette taxe, afin de vérifier sa compatibilité avec la loi de 1905, qui régit la séparation des Églises et de l’État. Le ministre a également pointé du doigt l’influence étrangère sur certains aspects de l’islam consulaire en France.

Une polémique au cœur de l’actualité

L’article de L’Opinion a déclenché une série de réactions politiques. François-Xavier Bellamy, député européen, a saisi la Commission européenne pour examiner le respect des règles du marché intérieur. Matthias Renault, député RN de la Somme, a, quant à lui, adressé une plainte à la procureure de la République de Paris.

De son côté, Chems-eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris, a vivement réfuté ces accusations lors de ses vœux de nouvelle année, le 23 janvier. Il a assuré que les activités de certification halal, exercées depuis 1939, sont menées dans la transparence et servent exclusivement à financer le culte musulman :
« Tout est tracé, maîtrisé et déclaré. Nous ne céderons pas face à une cabale scandaleuse et infondée. »

Un monopole encadré par l’Algérie

En septembre 2024, la Grande Mosquée de Paris avait déjà défendu son mandat exclusif de certification halal, attribué par les autorités algériennes. L’institution avait alors affirmé que ses prestations respectaient les normes, satisfaisant les entreprises européennes et les autorités algériennes. Elle soulignait également avoir contribué à structurer le marché et à résoudre des problèmes liés aux anciennes pratiques de certification.

Une tension aux ramifications politiques

Chems-eddine Hafiz a dénoncé une campagne médiatique hostile, qu’il attribue à des groupes opposés à l’amélioration des relations franco-algériennes :
« Nous faisons face à des attaques virulentes et mensongères, provenant de milieux réfractaires à l’apaisement entre nos deux nations. »

Ce débat relance des questions sensibles sur la gestion des certifications halal et les influences internationales sur les institutions religieuses en France. Il illustre également les tensions autour de l’équilibre entre respect des cultes et souveraineté nationale.

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