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À Metz, la subvention municipale à une mosquée contestée au nom de la laïcité

 

À Metz, le financement public d’un projet de grande mosquée suscite une vive controverse. Fin décembre 2025, le tribunal administratif a donné raison à une association locale de défense de la laïcité, contestant une subvention accordée par la municipalité. La décision, fondée sur le respect du principe de laïcité et sur la notion d’intérêt public local, fait actuellement l’objet d’un appel.

Sur le chantier, en plein hiver lorrain, les travaux se poursuivent pourtant. La future grande mosquée de Metz prend forme : une vaste salle de prière pouvant accueillir près de 2 500 fidèles, surmontée d’un dôme, ainsi qu’un ensemble architectural comprenant un péristyle entourant un jardin d’inspiration marocaine. Le projet ne se limite pas au culte. Il prévoit également des espaces culturels, un musée, des salles de cours, ainsi que des équipements annexes, comme un restaurant et une salle de sport, destinés à assurer à terme l’équilibre financier du site.

L’ambition est grande, tout comme le budget. Le coût total du projet est estimé à 15 millions d’euros. Depuis la pose de la première pierre en 2020, l’association porteuse du projet a principalement mobilisé des dons de fidèles. Elle a également bénéficié d’un apport financier conséquent provenant d’un don étranger. En juillet 2024, la mairie de Metz a décidé de contribuer au financement, estimant que certaines composantes du projet relevaient de l’intérêt général, notamment sur les plans culturel et social.

C’est précisément cette analyse qui est remise en cause par l’association requérante. Selon elle, la participation financière de la collectivité constitue une entorse au principe de séparation entre les cultes et les pouvoirs publics. Le tribunal administratif lui a donné raison en première instance, considérant que les conditions justifiant une aide publique n’étaient pas suffisamment réunies.

La municipalité, de son côté, défend une lecture pragmatique de la laïcité, affirmant que la subvention ne visait pas l’exercice du culte mais des activités annexes ouvertes à l’ensemble de la population. L’appel en cours devra trancher cette question sensible, à la frontière entre liberté religieuse, neutralité de l’État et soutien aux initiatives locales.

Au-delà du cas messin, cette affaire relance un débat récurrent en France : celui du financement des lieux de culte et des équipements qui leur sont associés, dans un contexte où les collectivités cherchent à concilier cadre légal, cohésion sociale et réalités locales.


 

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