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Ceuta et Melilla : Ouahbi revendique la souveraineté marocaine, l'Espagne s'enferre dans ses contradictions

Ceuta-Maglor

Maglor.fr -  La question de la souveraineté sur Ceuta et Melilla — deux enclaves espagnoles sur la côte nord-africaine — est revenue en force sur la scène internationale en août 2026. Et cette fois, c'est le Maroc qui a choisi d'élever la voix.

Ouahbi pose le dossier sur la table

Le ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a réaffirmé avec force les revendications historiques du Maroc sur Ceuta et Melilla. Dans une déclaration diffusée sur la chaîne saoudienne Asharq News, il a indiqué que la question de ces deux territoires « reste sur la table » dans chacune des rencontres bilatérales entre Rabat et Madrid. Loin d'une simple provocation, Ouahbi a inscrit cette position dans le cadre d'une stratégie fondée sur le dialogue et la patience.

« Nous avons une approche à long terme pour récupérer ce qui nous appartient historiquement », a précisé le ministre, en allusion directe aux villes de Ceuta et Melilla, que le Maroc considère comme des territoires occupés depuis l'époque coloniale. Il a également évoqué la nécessité du rapatriement des mineurs marocains non accompagnés encore retenus dans des centres espagnols — un dossier que Rabat lie désormais directement aux négociations diplomatiques.

Une revendication légitime ancrée dans l'histoire

Pour Rabat, la présence espagnole à Ceuta et Melilla n'est pas un fait géographique ordinaire — c'est une survivance du colonialisme. Le Maroc a obtenu son indépendance en 1956, mais ces deux enclaves n'ont jamais été restituées. Contrairement à ce qu'affirme Madrid, Rabat considère que le droit international et les résolutions de l'ONU sur la décolonisation plaident clairement en sa faveur.

Le juriste belge Philippe Liénard, dans une analyse publiée début août dans The Belgium Times, rappelle que « la question de Ceuta et Melilla n'est pas réglée sur le plan du droit international, et le silence n'équivaut pas à un acquiescement ». Une mise en perspective qui donne du poids à la démarche marocaine.

L'Espagne sur la défensive

La réaction de Madrid a été à la hauteur de son embarras. Le ministère espagnol des Affaires étrangères a catégoriquement réfuté les revendications de Rabat en affirmant que « la souveraineté n'est pas négociable ». Dans la foulée, le Parti Populaire (PP) a réclamé la convocation de l'ambassadrice du Maroc en Espagne — une réaction qui en dit long sur le malaise de Madrid face à une position marocaine de plus en plus affirmée.

Mais c'est le Maroc qui tient désormais les cartes : en menaçant de suspendre l'accord d'extradition bilatéral — un instrument crucial pour la coopération judiciaire entre les deux pays — Ouahbi a rappelé à Madrid que le partenariat repose sur un équilibre fragile que Rabat peut remettre en question.

Un rapport de force qui évolue en faveur du Maroc

L'Espagne a besoin du Maroc. La gestion des flux migratoires en Méditerranée, la coopération sécuritaire, les échanges économiques — tout impose à Madrid de traiter son voisin du Sud avec égard. La stratégie marocaine est claire : ne jamais renoncer aux revendications légitimes, tout en maintenant un dialogue de fond.

La crise de Ceuta en 2026 n'est pas un incident isolé. C'est le signal que le Maroc entend désormais peser de tout son poids dans la redéfinition des équilibres méditerranéens. Et que sur la question de sa souveraineté territoriale, Rabat ne reculera pas.

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