Au quatrième jour d’un conflit d’une intensité inédite entre Israël et l’Iran, les affrontements s’étendent à plusieurs pays de la région, tandis que la communauté internationale redoute un embrasement généralisé. Les Gardiens de la Révolution iraniens ont averti que « les portes de l’enfer s’ouvriront de plus en plus » pour les États-Unis et Israël, illustrant la radicalisation du ton à Téhéran.
Ambassades américaines fermées dans le Golfe
L’ambassade des États-Unis à Riyad a annoncé sa fermeture temporaire après avoir été visée par une attaque de drones ayant provoqué, selon les autorités saoudiennes, « un incendie limité ». La représentation américaine au Koweït a également suspendu ses activités « en raison des tensions régionales ».
Le département d’État a ordonné le départ du personnel diplomatique « non essentiel » de plusieurs pays : le Qatar, l’Irak, la Jordanie, Bahreïn, le Koweït et les Émirats arabes unis. Ces mesures témoignent de la crainte d’attaques contre des intérêts américains dans la région.
Frappes israéliennes au Liban et en Iran
L’armée israélienne affirme mener des « frappes simultanées » contre des cibles militaires en Iran et au Liban. À Beyrouth, des bombardements ont visé la banlieue sud, bastion du Hezbollah. La chaîne Al-Manar a indiqué que ses locaux avaient été touchés.
Israël a appelé les habitants de dizaines de localités libanaises à évacuer en prévision de nouvelles frappes. Selon l’ONU, au moins 30 000 personnes ont été déplacées au Liban depuis le début des hostilités. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé que l’armée allait « avancer et prendre le contrôle » de nouvelles positions stratégiques dans le sud du Liban afin d’empêcher les attaques contre les localités israéliennes frontalières.
Parallèlement, Israël dit avoir frappé des sites au cœur de Téhéran, notamment la présidence iranienne et le Conseil suprême de sécurité nationale. Des explosions ont également été signalées à Karaj et Ispahan.
Riposte iranienne et extension du conflit
L’armée iranienne affirme avoir lancé des attaques contre des « zones militaires israéliennes » ainsi que contre la base américaine d’Al-Udeid au Qatar. Les Gardiens de la Révolution ont revendiqué une « attaque à grande échelle » contre une base aérienne américaine à Bahreïn, assurant que des drones et des missiles avaient atteint leurs cibles.
À Oman, des drones ont visé un port, touchant un réservoir de carburant, selon un média d’État. La menace d’une extension maritime du conflit inquiète particulièrement les acteurs internationaux.
Un responsable iranien a menacé de « brûler tout navire » tentant de franchir le détroit d’Ormuz, axe stratégique du commerce mondial d’hydrocarbures, où la navigation est fortement perturbée.
Tensions diplomatiques et mise en garde à l’Europe
Téhéran a averti les pays européens que toute implication militaire constituerait « un acte de guerre », après que l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni ont évoqué de possibles « actions défensives » pour neutraliser les capacités militaires iraniennes. Des Rafale français basés aux Émirats arabes unis ont mené des opérations de sécurisation du ciel au-dessus de bases françaises dans la région, selon Paris.
Dans un entretien au New York Times, le président américain Donald Trump a estimé que l’offensive contre l’Iran pourrait durer « quatre à cinq semaines » si nécessaire, tout en reconnaissant le risque de pertes supplémentaires.
Bilan humain et inquiétudes humanitaires
Le Croissant-Rouge iranien fait état de 787 morts à travers le pays depuis le début des frappes samedi, un chiffre invérifiable de source indépendante. Selon l’organisation, plus de 1 000 attaques auraient visé 153 villes et plus de 500 sites. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, s’est dit « profondément choqué » par l’impact du conflit sur les civils et les infrastructures.
Marchés sous tension
Les marchés financiers réagissent vivement à l’escalade. Le baril de Brent a dépassé les 81 dollars en Asie, tandis que les prix du gaz ont bondi de plus de 20 %. Les principales Bourses européennes reculaient fortement en fin de matinée, à l’image de Paris, Francfort et Milan. En Asie, Séoul a chuté de 7 % à la clôture et Tokyo de plus de 3 %.
Alors que les frappes se poursuivent et que les menaces s’intensifient, la crainte d’un conflit régional de grande ampleur domine les capitales étrangères, avec en toile de fond le risque d’une crise énergétique mondiale.