Maglor - Entrée en vigueur ce samedi 15 août 2026, la décision du Maroc d'exempter les ressortissants albanais de visa d'entrée marque une nouvelle étape dans la politique d'ouverture diplomatique de Rabat. Si la mesure reflète un rapprochement réel entre les deux pays, elle soulève aussi des questions sur sa réciprocité — et sur ses implications en matière de contrôle migratoire.
Une exemption effective depuis ce 15 août
Les titulaires d'un passeport albanais ordinaire peuvent désormais séjourner au Maroc — pour des motifs touristiques, familiaux ou d'affaires — sans visa préalable. La mesure, officiellement entrée en vigueur ce samedi, avait été annoncée dès mars 2025 par le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger. Sa mise en application avait été différée le temps de finaliser les procédures techniques et administratives entre les deux capitales.
La décision fait suite à une rencontre à Rabat entre le chef de la diplomatie marocaine et son homologue albanais, Igli Hasani, au cours de laquelle les deux parties avaient affiché leur volonté de renforcer leurs relations bilatérales.
Un contexte de rapprochement diplomatique
Cette ouverture s'inscrit dans un rapprochement diplomatique marqué entre Rabat et Tirana. L'Albanie a exprimé son soutien à la position marocaine sur le dossier du Sahara, ce qui n'est pas anodin dans le contexte de la diplomatie régionale actuelle.
Elle prolonge par ailleurs une politique d'assouplissement engagée ces dernières années par le Maroc, qui a successivement conclu des accords de dispense de visa avec l'Azerbaïdjan, le Kazakhstan ou encore le Ghana, dans l'objectif affiché de stimuler les flux touristiques et les échanges économiques.
Une mesure unilatérale qui fait débat
Une nuance de taille, toutefois : la mesure est unilatérale. L'Albanie n'a pas, à ce jour, levé l'exigence de visa pour les ressortissants marocains, qui demeurent soumis à la procédure ordinaire pour se rendre à Tirana. La durée maximale de séjour autorisée n'a pas été explicitement précisée par les autorités, même si les dispositifs comparables retiennent généralement un plafond de 90 jours.
Dans la presse marocaine, plusieurs voix ont relevé les risques de détournement du dispositif à des fins d'immigration irrégulière, l'Albanie constituant un point de transit vers l'Union européenne. À ce stade, les autorités marocaines n'ont pas communiqué sur d'éventuelles mesures de contrôle accompagnant l'entrée en vigueur du texte.
Sources : ministère des Affaires étrangères (Maroc), Barlamane, Hespress, Akhbarona, VisaGuide.News.