Maglor - En Algérie, un bras de fer discret mais durable semble se jouer au sommet de l’État entre le président Abdelmadjid Tebboune et le chef d’état-major de l’armée, le général Saïd Chengriha. Ces tensions reflètent un équilibre complexe entre pouvoir civil et influence militaire, qui structure depuis longtemps la vie politique du pays.
Un pouvoir civil en quête de contrôle
Selon plusieurs observateurs, le président Tebboune chercherait à renforcer l’autorité civile sur l’armée, dont le rôle dans la politique algérienne reste prépondérant. Des mesures visant à réduire l’autonomie du général Chengriha et de l’état-major ont été envisagées, certaines sources indiquant même que le président pourrait envisager un changement à la tête de l’institution militaire.
Le directeur de cabinet de Tebboune, un acteur influent au sein du palais présidentiel, jouerait un rôle central dans ces efforts pour rééquilibrer le pouvoir et limiter l’influence de l’armée sur les décisions politiques et sécuritaires.
La réaction de l’armée
De son côté, le général Chengriha chercherait à préserver son influence, notamment sur les services de sécurité et sur la stratégie militaire. Le limogeage récent de certains généraux proches de Chengriha a accentué les tensions et illustré les divergences croissantes entre l’armée et la présidence.
Cette lutte pour le contrôle s’inscrit dans un contexte plus large de méfiance mutuelle, où Tebboune aurait tenté de surveiller certains hauts gradés pour consolider son autorité, tandis que l’armée continue de peser fortement sur les décisions politiques.
Un équilibre fragile
Ces tensions mettent en évidence la complexité de la gouvernance algérienne, où le partage du pouvoir entre les institutions civiles et militaires n’est jamais totalement stable. L’influence de Chengriha dans les affaires stratégiques et sécuritaires reste considérable, parfois perçue comme supérieure à celle du président lui-même.
Le limogeage de proches militaires, les désaccords autour des nominations et la surveillance présumée de certains généraux traduisent un véritable bras de fer institutionnel, dont les conséquences politiques et sécuritaires pourraient se faire sentir dans les prochains mois.
En résumé
- Tebboune cherche à renforcer le pouvoir civil et à limiter l’autonomie de l’armée.
- Chengriha conserve une influence stratégique majeure et des relais au sein des services sécuritaires.
- Les récents remaniements et limogeages reflètent un climat de tension croissante entre les deux clans.
- Cette situation révèle l’équilibre fragile qui caractérise la vie politique algérienne, où le pouvoir civil et militaire se disputent l’autorité réelle.