Ecrit Par Maglor.fr – À sept mois de la présidentielle française de 2027, l'Algérie et l'islam s'imposent comme les thèmes centraux de la précampagne. La droite dure et l'extrême droite exploitent ces sujets pour mobiliser leur électorat, quitte à recycler des propositions que les experts jugent largement symboliques.
L'accord de 1968, un symbole vidé de sa substance
L'accord franco-algérien sur l'immigration de 1968 est redevenu l'argument de campagne favori de plusieurs candidats. Édouard Philippe, positionné en deuxième place dans les sondages derrière Marine Le Pen, a renouvelé sa promesse de révocation de cet accord, notamment lorsque Jean-Luc Mélenchon a commencé à le menacer dans les enquêtes d'opinion.
Pourtant, Me Abderrazak Boudjelti, président de l'Union des avocats franco-algériens (UAFA), a démontré que cet accord ne facilite « ni une invasion ni une submersion par l'immigration algérienne » et que sa suppression serait « sans conséquences graves » pour les ressortissants algériens, qui pourraient même bénéficier du droit commun européen. L'ancien Premier ministre Philippe a par ailleurs appelé à un « bras de fer » avec Alger — une rhétorique que ses adversaires qualifient de surenchère électoraliste.
Le RN et la question du voile islamique
Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national (RN), domine les sondages au premier comme au second tour. Son parti a franchi un cap supplémentaire en proposant une amende pour le port du voile islamique dans l'espace public — une mesure équivalant de facto à son interdiction. Jordan Bardella, probable futur Premier ministre en cas de victoire, a réaffirmé sur LCI que la suppression de l'accord de 1968 serait parmi les premières décisions du gouvernement, avec l'objectif de faire de la France « le pays d'Europe le moins attractif pour l'immigration de guichet social ».
Jusqu'où ira la surenchère ?
Les observateurs s'interrogent sur les limites de cette escalade. À mesure que le scrutin de 2027 approche, les questions cruciales — dette publique, pouvoir d'achat, transition climatique — semblent reléguées au second plan, éclipsées par des thèmes identitaires qui alimentent les sondages mais divisent profondément la société française.
Pour les Algériens résidant en France et en Europe, ce contexte pré-électoral est suivi avec une attention particulière : au-delà des postures de campagne, c'est leur statut juridique et leur place dans la société française qui se jouent dans les urnes de 2027.