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Tensions franco-algériennes : Jordan Bardella entre dialogue affiché et logique de rapport de force

 

Maglor - Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, potentiel candidat à l’élection présidentielle française de 2027, a affirmé sa volonté de dialoguer avec l’Algérie tout en défendant une approche fondée sur le « rapport de force ».

Une critique frontale d’Alger

Interrogé sur la récente visite de Laurent Nunez à Alger, le dirigeant du RN a refusé de commenter l’initiative, déclarant : « Je ne suis pas là pour commenter les visites des uns et des autres ». Il a cependant estimé que « l’Algérie est dans une attitude de provocation et de défiance avec la France », évoquant notamment les cas de Boualem Sansal et de Christophe Gleizes.

Ces propos s’inscrivent dans une ligne critique constante du RN à l’égard des autorités algériennes, dans un contexte de relations bilatérales régulièrement marquées par des crispations diplomatiques.

Une main tendue sous conditions

Malgré ce ton ferme, Jordan Bardella a assuré qu’il ne considérait pas l’hostilité comme une fatalité. « Je ne crois pas qu’à terme, l’Algérie ait vocation à entretenir ce climat d’hostilité avec la France. Si demain je suis en capacité de le faire, j’irai les voir personnellement », a-t-il déclaré, laissant entendre qu’une éventuelle élection à la présidence de la République pourrait s’accompagner d’un déplacement à Alger.

Cette ouverture au dialogue intervient toutefois après plusieurs prises de position jugées hostiles par une partie de la classe politique algérienne, ce qui pourrait compliquer une éventuelle visite officielle.

Le « rapport de force » comme doctrine

Le président du RN a également défendu une vision des relations internationales structurée par la puissance et l’autorité. « Le monde qui vient est aussi un monde de rapport de force, on le voit avec Trump, on le voit avec Poutine », a-t-il affirmé, estimant que les dirigeants « faibles » risqueraient d’être marginalisés.

Il reprend ainsi des arguments proches de ceux défendus par Bruno Retailleau, critiquant ce qu’il qualifie de « rente mémorielle » de l’Algérie dans la relation bilatérale. Jordan Bardella a par ailleurs évoqué la situation dans certaines banlieues françaises, qu’il considère comme « prises en otage », liant indirectement les enjeux intérieurs aux relations avec Alger.

Un dialogue incertain

Ces déclarations traduisent une position ambivalente : maintenir une ligne ferme, voire conflictuelle, tout en laissant ouverte la perspective d’un échange direct. Reste à savoir si les autorités algériennes seraient disposées à engager un dialogue dans un climat marqué par des tensions verbales répétées.

Alger a, à plusieurs reprises, affirmé privilégier un dialogue « respectueux et direct » entre partenaires souverains. Dans ce contexte, toute évolution dépendra autant du ton que des actes posés de part et d’autre de la Méditerranée.

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