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Les Égyptiens, première nationalité africaine à rejoindre l’Europe par les routes migratoires en 2025

Immigrés- Égyptiens

Par Maglor – 1 janvier 2026

Cette année encore, les routes migratoires vers l’Europe continuent de faire la une des préoccupations géopolitiques et humanitaires, avec une évolution notable : **les ressortissants égyptiens sont devenus, en 2025, la première nationalité africaine à arriver irrégulièrement sur le Vieux Continent par la mer.

Selon les données publiées par Frontex, l’agence européenne des garde-frontières et côtes, un peu plus de 16 000 passages irréguliers de ressortissants égyptiens ont été recensés en 2025 jusqu’au 30 novembre, principalement en provenance des côtes libyennes et à destination de l’Italie et de la Grèce.

La route de la Méditerranée centrale, qui relie la Libye aux côtes européennes, demeure la plus fréquentée du moment et concentre une part importante de ces migrations dangereuses vers l’Italie, tandis que plusieurs milliers atteignent également la Grèce via des embarcations souvent précaires. 

Un phénomène en hausse malgré la baisse globale des traversées

Bien que les statistiques globales montrent une baisse des traversées irrégulières vers l’Union européenne — avec une diminution d’environ 22 % des entrées entre janvier et octobre 2025 par rapport à l’année précédente — les départs depuis la Libye augmentent pour certaines nationalités. 

Sur cette route centrale, les Bangladais et les Égyptiens figurent parmi les nationalités les plus souvent détectées par les autorités européennes, soulignant une réorientation ou une amplification des flux migratoires en provenance du Maghreb et du Moyen-Orient. 

Pourquoi les Égyptiens prennent-ils ce risque ?

Les experts en migration pointent plusieurs facteurs :

Difficultés économiques persistantes en Égypte, avec un chômage élevé et un pouvoir d’achat qui s’érode depuis des années, poussent de nombreux jeunes à envisager l’exil pour trouver de meilleures opportunités. 

Réseaux de passeurs actifs, malgré les mesures de contrôle renforcées sur les frontières égyptiennes et libyennes.

En Italie, le nombre de demandes d’asile déposées par des Égyptiens demeure élevé : près de 26 000 personnes y sont enregistrées comme demandeurs de protection, contre moins de 3 000 en France. 

Des risques toujours très élevés

La traversée de la Méditerranée centrale reste l’une des plus dangereuses au monde. Des dizaines, voire des centaines de migrants meurent chaque année en tentant cette traversée sur des embarcations surchargées et inadéquates, souvent après avoir quitté les côtes libyennes. 

Ces tragédies rappellent l’urgence d’une réponse qui combine gestion des frontières, protection des migrants et solutions durables en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Vers des réponses politiques renforcées ?

Les États membres de l’UE multiplient les sommets et accords pour lutter contre les réseaux de trafiquants et renforcer les opérations de surveillance maritime, tout en cherchant à développer des partenariats avec les pays d’origine et de transit. 

Cependant, certains de ces partenariats sont critiqués par les organisations de défense des droits humains, qui pointent des risques de violations des droits fondamentaux dans le cadre de mesures migratoires de plus en plus strictes. 

 

En conclusion, si la migration irrégulière vers l’Europe connaît une légère tendance à la baisse dans son ensemble, le phénomène des départs depuis la Libye, et particulièrement des Égyptiens, continue d’alimenter les défis humanitaires et politiques autour de l’Union européenne. Le sujet restera sans doute un enjeu majeur en 2026, tant sur le plan de la sécurité des frontières que de la protection des migrants.

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