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Migrants en régions : la Cour des comptes recommande d'amplifier le dispositif pour désengorger l'Île-de-France

Migrants et demandeurs d'asile en France - Île-de-France



Ecrit Par Maglor.fr - Dans un rapport publié le 11 juin 2026, la Cour des comptes juge que l'envoi de migrants vers des centres en régions pour désengorger l'Île-de-France constitue un « levier efficace », mais encore « insuffisamment utilisé ». Un constat qui interpelle directement les communautés immigrées, dont une large part est concentrée en région parisienne.

Une concentration excessive en Île-de-France

L'afflux de migrants après la crise de 2015 a considérablement accentué le déséquilibre territorial. En 2020, l'Île-de-France regroupait 46 % des demandes d'asile, mais ne disposait que de 19 % des places en Centres d'accueil et d'examen des situations (CAES). Résultat : moins de la moitié des demandeurs d'asile pouvaient être hébergés, contraignant de nombreuses personnes à dormir dans la rue ou à s'installer dans des campements.

Un dispositif légal sous-utilisé

Pour corriger ce déséquilibre, la loi immigration de 2018 prévoit l'orientation des demandeurs d'asile vers des centres en régions, sans qu'ils connaissent leur destination à l'avance. Mais le dispositif se heurte à des résistances : environ 40 % des personnes concernées refusent la proposition, même lorsque les aides financières associées sont supprimées.

En 2024, près de 18 000 orientations ont été réalisées, un chiffre proche de l'objectif de 22 000. Le coût reste « limité » — 50 millions d'euros — comparé aux 962 millions d'euros consacrés à l'ensemble de l'hébergement des demandeurs d'asile.

De fortes disparités entre régions

La Cour des comptes pointe des inégalités importantes dans la répartition territoriale :

  • Les Pays de la Loire n'ont accueilli que 504 personnes sur les 2 445 prévues.
  • L'Auvergne-Rhône-Alpes et la Nouvelle-Aquitaine affichent également des résultats insuffisants.
  • À l'inverse, le Centre-Val-de-Loire a dépassé ses objectifs d'accueil.

Les « sas » régionaux : une solution à améliorer

Depuis 2023, des structures dites « sas » ont été mises en place pour accueillir les personnes évacuées des campements franciliens. Plus de 8 000 personnes y ont été hébergées à fin octobre 2025, pour un coût de 8 millions d'euros. Mais des places restent vacantes en raison de l'inadaptation de certains locaux aux besoins réels (familles, femmes seules).

Des migrants ancrés dans le tissu économique francilien

De nombreux migrants vivant à la rue sont déjà insérés professionnellement en Île-de-France, ce qui complique leur départ. La Cour des comptes appelle à mettre en place un suivi administratif renforcé pour mesurer l'impact réel du dispositif, notamment le phénomène de « retour à la rue » après orientation.

Source : Rapport de la Cour des comptes, publié le 11 juin 2026

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