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Trump expulse des migrants vers la Centrafrique : un premier vol atterrit à Bangui

Migrants expulsés des États-Unis atterrissant à Bangui, Centrafrique



Écrit par la rédaction Maglor.fr - Un premier avion transportant des migrants expulsés des États-Unis a atterri vendredi soir à Bangui, capitale de la République centrafricaine (RCA), marquant une nouvelle étape dans la politique d'expulsions dites « vers des pays tiers » de l'administration Trump. À bord : des ressortissants iraniens, afghans, turcs et géorgiens, dont certains bénéficiaient pourtant de protections judiciaires américaines.

Un vol historique au cœur de l'Afrique centrale

L'appareil a atterri peu après 23h00 heure locale à l'aéroport de Bangui, après une escale au Ghana. Selon des sources concordantes, une vingtaine de passagers se trouvaient à bord pour ce premier vol. Les migrants ont été pris en charge à leur arrivée et hébergés dans des appartements dans la capitale centrafricaine. L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a indiqué assurer le soutien humanitaire post-arrivée, sans avoir été impliquée dans l'organisation du transfert.

Des protections judiciaires ignorées

Parmi les expulsés figurent au moins deux femmes iraniennes qui bénéficiaient d'une décision judiciaire américaine de « withholding of removal » — une protection accordée par un juge d'immigration à des personnes risquant leur vie en cas de retour dans leur pays d'origine. L'une d'elles est convertie au christianisme, l'autre est militante pour la démocratie contre le régime de Téhéran. Leur transfert vers la Centrafrique contourne ces protections, alimentant une controverse juridique et humanitaire aux États-Unis.

La Centrafrique, un choix paradoxal

Le choix de la République centrafricaine comme destination surprend à plus d'un titre. Le Département d'État américain classe lui-même ce pays au niveau d'alerte maximal (niveau 4 : « Ne pas voyager ») pour ses propres ressortissants, en raison de l'instabilité sécuritaire, des violences armées et de la présence de forces paramilitaires russes liées au groupe Africa Corps (ex-Wagner). La RCA est par ailleurs l'un des pays les plus pauvres du monde, encore meurtri par une décennie de guerre civile.

Une politique d'expulsion vers des « pays tiers »

Ce vol s'inscrit dans la doctrine d'expulsion vers des pays tiers mise en œuvre par l'administration Trump depuis son retour au pouvoir. Washington a déjà conclu des accords similaires avec d'autres États, contournant les procédures classiques de retour dans le pays d'origine. Des centaines d'autres migrants pourraient être acheminés vers Bangui dans les prochaines semaines selon des sources proches du dossier. Cette pratique est vivement contestée devant les tribunaux américains et fait l'objet de critiques de la part d'organisations de défense des droits humains.


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