Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a présidé mercredi 11 mars à Rabat une réunion consacrée au suivi de la mise en œuvre de la réforme du système de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation. Cette rencontre a permis d’évaluer l’état d’avancement des mesures engagées et d’examiner plusieurs projets destinés à renforcer la qualité et l’attractivité de l’université marocaine.
À cette occasion, le Chef du gouvernement a rappelé que cette réforme, menée conformément aux Hautes Directives Royales, constitue un levier stratégique pour améliorer la qualité du capital humain et soutenir le développement économique et social du pays.
Une réforme structurante portée par la loi 59.24
Après plusieurs mois de tensions et de débats, la loi n°59.24 relative à l’enseignement supérieur est entrée en vigueur. Publié au Bulletin officiel le 11 février 2026, ce texte introduit des changements profonds dans l’organisation du système universitaire marocain.
La réforme redéfinit notamment les règles de gouvernance des universités, le fonctionnement de la recherche scientifique, la place du secteur privé dans l’enseignement supérieur, ainsi que les liens entre l’université et le monde économique. Elle prévoit également une réorganisation de l’offre de formation et du parcours des étudiants.
Cependant, l’adoption de cette loi s’est accompagnée de fortes contestations de la part des enseignants-chercheurs. Ces derniers dénoncent un manque de concertation et accusent le gouvernement d’avoir imposé la réforme sans véritable dialogue social. Plusieurs mouvements de protestation ont ainsi perturbé le fonctionnement de nombreuses universités publiques ces derniers mois.
Si la loi est désormais entrée en application, sa mise en œuvre ouvre une nouvelle phase qui s’annonce délicate dans un climat marqué par des tensions persistantes.
Des investissements pour renforcer les capacités universitaires
Dans le cadre de cette réforme, le budget du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation a connu une hausse importante. Entre 2021 et 2025, il a augmenté de près de 30 %, permettant de renforcer les effectifs pédagogiques et administratifs, d’améliorer les conditions de travail du personnel et d’élargir la capacité d’accueil des universités.
La réunion présidée par le Chef du gouvernement a également porté sur plusieurs projets structurants. Parmi eux figure la réorganisation de la cartographie universitaire publique, avec l’objectif de réduire les disparités territoriales et d’assurer un meilleur accès à l’enseignement supérieur dans l’ensemble du pays.
Par ailleurs, un projet de création d’une faculté de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire à Kénitra a été examiné. Cette nouvelle structure vise à renforcer l’offre de formation dans la région et à réduire la pression sur les établissements existants, notamment ceux de Rabat.
Renforcement de l’hébergement universitaire
Le développement des infrastructures d’accueil des étudiants constitue également un axe majeur de la réforme. Cinq nouveaux projets de résidences universitaires ont été lancés à Agadir, El Jadida, Oujda, Nador et Béni Mellal.
Ces projets permettront de créer environ 11.000 lits supplémentaires pour les étudiants. Une seconde phase est prévue en avril prochain afin d’augmenter significativement la capacité d’hébergement, avec un objectif global de 100.000 lits supplémentaires à terme.
Une offre de formation plus diversifiée
Les discussions ont également mis en lumière l’évolution de l’offre universitaire et l’augmentation du nombre d’étudiants. L’effectif global a progressé de 4,8 % par rapport à l’année universitaire précédente, dépassant désormais 1,3 million d’étudiants.
Dans ce contexte, 366 nouvelles filières ont été créées afin de mieux répondre aux besoins du marché du travail. Des passerelles ont également été mises en place entre différentes disciplines et spécialités pour faciliter la réorientation et la reprise d’études.
Plusieurs programmes sectoriels ont été développés, notamment dans les métiers de la santé avec l’ouverture de 10.841 places pédagogiques. Le programme de formation des enseignants pour les cycles primaire et secondaire a également mobilisé 20.404 places.
Dans les filières liées au numérique, plus de 27.000 nouveaux étudiants ont intégré les universités publiques.
Une plateforme pour renforcer l’apprentissage des langues
Lors de cette réunion, la plateforme numérique d’apprentissage des langues « Elogha-sup » a également été présentée. Conçue par une équipe marocaine, elle propose aux étudiants universitaires des formations en anglais, français, espagnol, arabe et amazigh.
À travers l’ensemble de ces mesures, le gouvernement ambitionne de moderniser le système universitaire marocain et de renforcer son rôle dans la formation des compétences nécessaires au développement du pays.