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Exode des médecins au Maroc : moins de 9 pour 10.000 habitants, un expert propose trois leviers urgents

Par Maglor.fr - Le Maroc compterait environ 32.000 médecins pour une population dépassant 37 millions d'habitants, soit moins de 9 médecins pour 10.000 habitants. Chaque année, près de 700 d'entre eux quitteraient le pays. Face à ce défi structurel qui menace la réforme du système de santé, Rafik Ikram, expert en financement et accompagnement des professionnels de santé fort de vingt ans d'expérience au Canada, appelle à une stratégie articulée autour de trois priorités : mesurer, fidéliser et mobiliser.

«Il faut d'abord sortir d'une lecture uniquement comptable du phénomène», insiste l'expert. Pour lui, la rémunération n'est pas le seul moteur des départs. Les perspectives d'évolution, l'autonomie, les conditions d'exercice et la capacité à se projeter dans l'avenir jouent un rôle tout aussi déterminant. Rafik Ikram propose la création d'un Observatoire national des talents en santé, non pas comme «une nouvelle structure administrative», mais comme un «dispositif léger d'aide à la décision» permettant de cartographier les spécialités sous tension, les disparités territoriales et les flux de mobilité en temps réel.

Pour la fidélisation, il préconise un «Contrat Territoire-Carrière» offrant aux jeunes médecins une trajectoire professionnelle négociée sur plusieurs années : formation continue, mobilité entre établissements, accès à la recherche et au mentorat, progression transparente vers davantage de responsabilités. «Les jeunes générations ne demandent pas une carrière plus facile. Elles demandent une carrière plus lisible», résume-t-il. Enfin, pour mobiliser la diaspora sans exiger un retour définitif, il propose un «Réseau Diaspora Santé 2035» permettant aux médecins marocains établis à l'étranger de contribuer par l'enseignement, la télémédecine, le mentorat ou la recherche.

L'expert souligne que la généralisation de l'AMO et le déploiement des Groupements sanitaires territoriaux (GST) constituent des fondations solides, mais que la prochaine étape doit placer «la gestion stratégique du capital humain au même niveau de priorité que les infrastructures et le financement». À l'horizon 2030, son ambition est de faire du Maroc un écosystème où rester, revenir et contribuer depuis l'étranger deviennent trois trajectoires complémentaires et également attractives.


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