Maglor.fr - L'arrivée de Revolut au Maroc ne sera pas pour tout de suite. Alors que la néobanque britannique multiplie depuis plusieurs mois les démarches pour s'implanter sur le marché marocain, Bank Al-Maghrib a clairement fait savoir que le dossier n'était pas au sommet de ses priorités. Une posture de temporisation qui reflète les nombreux chantiers que mène déjà la Banque centrale.
C'est lors de la conférence de presse qui a suivi le deuxième Conseil de Bank Al-Maghrib de l'année 2026 que le wali Abdelatif Jouahri a confirmé avoir reçu les dirigeants de Revolut début juin. Il a précisé avoir pris connaissance de leurs ambitions, mais a insisté sur le fait que l'institution était actuellement mobilisée sur des chantiers réglementaires jugés plus urgents. En clair : Revolut devra patienter.
Pourtant, les signaux envoyés par Revolut depuis 2025 étaient clairs : la fintech avait commencé à constituer une équipe locale, nommé un responsable marocain dédié, et multiplié les contacts avec les acteurs de l'écosystème financier national. Des indices qui laissaient penser à une implantation imminente — d'autant que le marché marocain présente de réels atouts : une diaspora importante, une forte progression des paiements mobiles et un cadre réglementaire en pleine modernisation.
Pour obtenir une autorisation d'exercer au Maroc, Revolut devrait déposer une demande auprès de Bank Al-Maghrib pour obtenir un agrément d'établissement de paiement. Or c'est précisément ce processus que la Banque centrale ne semble pas pressée d'enclencher pour la néobanque britannique, dont le modèle disruptif pourrait bousculer les acteurs bancaires traditionnels déjà bien installés.
L'écosystème fintech marocain continue néanmoins de se structurer et d'attirer des acteurs internationaux. Si Revolut doit encore attendre son heure, l'intérêt qu'elle manifeste pour le Maroc témoigne du potentiel que représente ce marché à l'échelle de l'Afrique et de la diaspora marocaine à travers le monde.
LIRE AUSSI :
![]() | Maroc : l'allemand Leoni Cable ouvre sa première usine africaine à Kénitra 630 millions de dirhams investis dans la zone franche Atlantic Free Zone pour produire des câbles automobiles de haute technologie. |
