Les Marocains résidant à l'étranger (MRE) continuent de battre tous les records en matière de transferts de fonds. En 2026, leurs envois de devises vers le Maroc connaissent une accélération inédite, confirmant leur rôle crucial dans le financement de l'économie nationale. Selon les dernières données disponibles, les transferts dépassent déjà les niveaux record enregistrés les années précédentes, avec une tendance à la hausse sur les neuf premiers mois de l'année.
Cette dynamique s'explique par plusieurs facteurs convergents. D'abord, l'amélioration des conditions économiques dans les pays d'accueil, notamment en Europe, a permis à de nombreux MRE d'augmenter leur capacité d'épargne et d'envoi. Ensuite, la multiplication des canaux de transfert digitaux, moins coûteux et plus rapides, a facilité et stimulé ces flux financiers.
Les transferts MRE représentent l'une des principales sources de devises étrangères pour le Maroc, dépassant souvent les recettes touristiques et les investissements directs étrangers. Ils jouent un rôle déterminant dans l'équilibre de la balance des paiements et contribuent directement au financement des ménages marocains, notamment dans les zones rurales et les régions les plus défavorisées.
Paradoxalement, cette richesse de la diaspora marocaine n'est pas pleinement exploitée au niveau de l'investissement productif. Des experts estiment que le potentiel des MRE en matière d'investissement reste largement sous-exploité. Le gouvernement marocain multiplie les initiatives pour orienter une partie de ces transferts vers des secteurs à forte valeur ajoutée : l'immobilier, l'agriculture, les PME et les énergies renouvelables.
Face à ces enjeux, plusieurs programmes d'appui aux projets des MRE ont été lancés, avec des facilités fiscales et administratives pour ceux qui souhaitent investir dans leur pays d'origine. L'objectif est de transformer ces flux financiers en vecteurs de développement durable pour les régions marocaines.