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Croissance de 4,6 % au premier trimestre : le Maroc consolide sa trajectoire économique

Ecrit Par Maglor — L'économie marocaine a enregistré une croissance de 4,6 % au premier trimestre 2026, selon les données du Haut-Commissariat au Plan (HCP). Un rythme légèrement inférieur aux 5 % observés sur la même période de 2025, mais qui confirme la solidité d'une dynamique entamée il y a trois ans. Derrière ce chiffre se dessine une recomposition plus profonde du modèle de croissance du Royaume, où l'investissement public et le rebond agricole jouent un rôle déterminant.

L'agriculture retrouve des couleurs

Le principal moteur de ce trimestre reste la valeur ajoutée agricole, en progression de 18,4 %, contre 8,1 % un an plus tôt. Cette accélération spectaculaire s'explique par une campagne céréalière nettement plus favorable, avec une moisson qui devrait dépasser les 70 millions de quintaux. Après plusieurs années de sécheresse qui avaient durement affecté les revenus ruraux et pesé sur la consommation intérieure, ce redressement produit des effets en chaîne sur l'ensemble de l'économie.

La leçon n'est cependant pas nouvelle : la croissance marocaine demeure étroitement corrélée à la pluviométrie. Malgré les efforts de diversification engagés depuis deux décennies, l'agriculture continue de faire basculer les agrégats macroéconomiques d'une année sur l'autre. Les programmes d'irrigation, de dessalement et de reconversion des cultures visent précisément à réduire cette dépendance, mais leurs effets ne se mesureront qu'à moyen terme.

Un investissement public à un niveau record

L'autre pilier de la croissance est budgétaire. Les investissements publics réalisés devraient atteindre en 2026 un niveau inédit de 380 milliards de dirhams, orientés pour l'essentiel vers les infrastructures de base : réseaux ferroviaires, plateformes portuaires, adduction d'eau, équipements énergétiques et stades. La préparation d'échéances sportives majeures a servi d'accélérateur à des chantiers qui figuraient déjà dans les plans nationaux.

Cette stratégie présente un double avantage. À court terme, elle soutient l'activité du bâtiment et des travaux publics, secteur intensif en main-d'œuvre. À plus long terme, elle réduit les coûts logistiques des entreprises exportatrices et renforce l'attractivité du territoire. L'investissement direct étranger en témoigne : son flux net a progressé de 58,5 % pour atteindre 29,47 milliards de dirhams à fin juillet 2026.

Des vulnérabilités qui demeurent

Le HCP anticipe un taux de croissance autour de 4 % pour l'ensemble de l'exercice 2026, après 4,4 % en 2025. Cette stabilisation traduit une forme de maturité, mais elle intervient dans un environnement international incertain. Les tensions géopolitiques, la volatilité des cours de l'énergie et le ralentissement de la demande européenne — premier débouché des exportations marocaines — constituent autant de facteurs de fragilité.

Le chômage des jeunes diplômés reste par ailleurs le point noir de ce tableau. La croissance observée, largement portée par les grands travaux et l'agriculture, ne génère pas mécaniquement les emplois qualifiés que réclame une population urbaine et formée. C'est sur ce terrain — celui de la transformation productive et de l'emploi à forte valeur ajoutée — que se jouera la crédibilité du modèle marocain dans les prochaines années.

Ce que cela change pour la diaspora

Pour les Marocains résidant à l'étranger, cette conjoncture a des implications concrètes. Un dirham stable et des équilibres extérieurs consolidés rassurent les investisseurs de la diaspora, dont les projets immobiliers et entrepreneuriaux dépendent largement de la prévisibilité macroéconomique. L'amélioration des infrastructures régionales ouvre également des perspectives dans des territoires longtemps délaissés par les capitaux privés.

Reste à savoir si cette croissance saura se traduire en amélioration perceptible du pouvoir d'achat. C'est la question que posent, dans le Royaume comme en Europe, ceux qui suivent de près les indicateurs sans toujours en constater les effets dans leur quotidien.

Sources : Haut-Commissariat au Plan, Office des changes, presse économique marocaine.

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