Ecrit Par Maglor — Les résultats définitifs des élections législatives marocaines, proclamés le 25 septembre après le scrutin du 23, confirment l'avance du Parti Authenticité et Modernité (PAM) à la Chambre des représentants. Le parti arrive en tête avec 97 sièges sur 395, devant le Rassemblement national des indépendants (RNI) et l'Istiqlal, séparés d'un seul siège.
Un classement sans surprise, des équilibres serrés
Selon les chiffres publiés par la presse économique marocaine, le PAM devance le RNI de 31 sièges. Le RNI obtient 66 élus et l'Istiqlal 65. Le Parti de la justice et du développement (PJD) revient avec 54 sièges, un résultat salué au siège du parti, alors que la formation avait subi une défaite sévère lors du précédent scrutin. Suivent le Mouvement populaire (29 sièges), l'USFP (26), le PPS (19) et l'Union constitutionnelle (17). Le Mouvement démocratique et social et l'Alliance de la gauche en obtiennent chacun 8, les autres formations se partageant quelques sièges.
Les résultats définitifs correspondent intégralement aux résultats provisoires annoncés au lendemain du vote, ce qui écarte l'hypothèse d'un recomptage susceptible de modifier la répartition des sièges.
Une participation qui interroge
Le taux de participation national s'établit à 38,02 %, soit un peu plus de six millions de votants. Plusieurs médias, dont franceinfo, relèvent qu'il s'agit du niveau le plus bas depuis près de vingt ans. Ce chiffre alimente un débat classique au Maroc : la distance entre une partie de l'électorat, notamment les jeunes, et les partis politiques, malgré la mobilisation des pouvoirs publics pour encourager le vote.
Ce faible engagement relativise la portée du scrutin. Il rappelle aussi que les attentes sociales, en matière d'emploi, de pouvoir d'achat, de santé et d'éducation, restent élevées, comme l'ont montré les mobilisations de la jeunesse observées ces derniers mois dans le pays.
Quelle majorité demain ?
Aucun parti n'approche la majorité absolue de 198 sièges. La formation du prochain gouvernement passera donc, comme à chaque législature, par une coalition. Le PAM, le RNI et l'Istiqlal ayant déjà gouverné ensemble, la reconduction d'une alliance entre ces trois partis est l'hypothèse la plus discutée, mais les négociations s'annoncent plus délicates compte tenu de l'écart restreint entre les deux premiers et du retour du PJD en force à l'hémicycle.
Il revient au Roi de nommer le chef du gouvernement issu du parti arrivé en tête, lequel doit ensuite composer son équipe. Ce calendrier institutionnel sera suivi de près par les opérateurs économiques, alors que le Royaume prépare le projet de loi de finances 2027 et poursuit ses chantiers de réformes, dont celle des retraites.
Ce que cela change pour la diaspora
Pour les Marocains résidant à l'étranger, l'enjeu porte sur la continuité de plusieurs dossiers : l'accompagnement des investissements, les services consulaires, la représentation politique des MRE et la couverture sociale. La composition de la future coalition déterminera la priorité donnée à ces sujets dans l'agenda gouvernemental.
En l'état, le scrutin livre un paysage fragmenté mais lisible : un parti en tête, deux challengers au coude-à-coude et un PJD qui retrouve une présence significative. Les prochaines semaines diront si cette configuration débouche sur une coalition stable, capable de répondre à une demande sociale que la faible participation ne doit pas faire oublier.