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Tunisie : budget 2027, chaque dollar de hausse du baril coûterait 164 millions de dinars

Ecrit Par Maglor — À l'approche du vote de la loi de finances 2027, l'économiste Safouane Ben Aïssa a rappelé, dans des propos relayés par La Presse de Tunisie, la sensibilité du budget tunisien au prix du pétrole : chaque dollar de hausse du baril par rapport à l'hypothèse retenue dans la loi de finances entraîne un impact brut de 164 millions de dinars.

Une exposition qui joue dans les deux sens

La Tunisie importe une large part de son énergie, de sorte qu'un baril plus cher alourdit les dépenses de compensation des carburants et de l'électricité. Mais le pays perçoit aussi des recettes de son secteur pétrolier : la fiscalité appliquée aux compagnies atteindrait jusqu'à 80 % de leurs revenus, l'une des plus élevées au monde selon l'économiste. En 2025, les impôts pétroliers ont avoisiné un milliard de dinars, auxquels s'ajoutent 374 millions de dinars de recettes non fiscales.

Les droits de transit du gaz algérien acheminé vers l'Italie ont, eux, rapporté 1,525 milliard de dinars en 2025. Pour 2026, les impôts pétroliers sont projetés à 771 millions de dinars.

Des recettes meilleures que prévu

Ben Aïssa observe que les recettes attendues en 2026 dépasseront 3,5 milliards de dinars, soit environ 1,1 milliard au-dessus des prévisions initiales de 2,4 milliards. Cette marge, précise-t-il, ne règle pas pour autant la question de fond : le défi n'est pas seulement la rareté des ressources, mais leur transformation en investissement productif, en gains de productivité et en emplois. Les pressions supplémentaires liées aux variations de prix dépassent 1,5 milliard de dinars.

Le débat parlementaire

La Commission des finances de l'Assemblée a demandé des comptes au gouvernement sur l'exécution du budget 2026 avant d'examiner les hypothèses de 2027, et a fixé une ligne rouge : pas de nouvelle pression fiscale sur les citoyens. La presse tunisienne évoque un budget 2027 « sous contrainte », malgré certaines améliorations des indicateurs.

Cette orientation intervient dans un contexte déjà tendu : financement extérieur limité, plan de développement 2026-2030 à financer, et déficit des caisses sociales proche de 7 milliards de dinars.

Pourquoi cela concerne aussi la diaspora

Pour les Tunisiens de France et d'Europe, les arbitrages budgétaires se traduisent concrètement par le prix des carburants, l'inflation, le soutien aux produits de base et la capacité de l'État à financer les services publics. Ils pèsent aussi sur le climat de confiance des investisseurs, y compris de la diaspora.

Le calendrier parlementaire de l'automne dira si le gouvernement parvient à tenir ces équilibres sans recourir à de nouveaux prélèvements, et sur quelle hypothèse de prix du baril le budget sera bâti. Au-delà du chiffre de 164 millions, c'est la capacité du pays à réduire sa dépendance énergétique qui reste en jeu.

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