Ecrit Par Maglor — Le projet de réforme des retraites présenté au Maroc le 12 mai 2026 doit faire l'objet d'un vote annoncé pour octobre, avec une entrée en vigueur visée au 1er janvier 2027. Pour les Marocains résidant à l'étranger, la question est de savoir ce qui les concerne réellement, alors qu'aucune mesure ne s'applique tant que le texte n'est pas publié au Bulletin officiel.
Les grandes lignes du projet
Le texte prévoit de relever progressivement l'âge légal de départ de 60 à 63 ans, avec des mesures transitoires destinées à protéger les droits acquis. Il annonce aussi une revalorisation des pensions de 8 %, échelonnée sur trois ans à partir de 2027, et une restructuration du système en deux pôles : le secteur public (CMR et RCAR) et le secteur privé (CNSS et CIMR).
La CNSS compte plus de 4,3 millions de cotisants et environ 970 000 retraités, ce qui donne la mesure des enjeux d'équilibre financier à long terme.
Ce qui ne bouge pas pour les MRE
Pour les expatriés qui cotisent volontairement au régime marocain, le seuil de 1 320 jours de cotisation, fixé en mai 2025 pour ouvrir droit à une pension, n'est pas remis en cause par le projet. Les éventuelles hausses des taux de cotisation volontaire restent à l'étude, sans chiffres arrêtés à ce stade.
Les conventions bilatérales de sécurité sociale demeurent le levier principal : elles permettent de cumuler les périodes d'assurance accomplies au Maroc et dans plusieurs pays d'accueil, dont la France, la Belgique, l'Espagne, l'Italie, les Pays-Bas et l'Allemagne. Un travailleur qui a cotisé dans plusieurs pays peut ainsi ouvrir des droits qu'il n'aurait pas atteints dans un seul système.
Les questions à se poser dès maintenant
Faut-il anticiper un départ à 63 ans ? Les dispositions transitoires devront être précisées. Quelle sera la valeur de la pension marocaine par rapport à celle du pays de résidence ? Le calcul dépendra des périodes cotisées et des règles de totalisation. Les MRE retraités qui envisagent un retour au Maroc devront aussi vérifier la portabilité de leurs droits et le régime fiscal applicable à leurs pensions.
Un dossier à suivre de près
Un vote est annoncé pour octobre, après l'examen parlementaire de juin-juillet. La recomposition de la Chambre des représentants après les élections du 23 septembre peut toutefois influencer le calendrier. Les MRE ont intérêt à suivre la publication du texte final, plutôt que de se fier aux informations partielles qui circulent sur les réseaux sociaux.
En attendant, quelques réflexes simples : relever son relevé de carrière auprès des caisses concernées, vérifier le nombre de jours cotisés au Maroc et dans le pays d'accueil, et se renseigner auprès du consulat ou de l'organisme de retraite sur les modalités de cotisation volontaire. Ces démarches permettent d'éviter les mauvaises surprises au moment de faire valoir ses droits.