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Automobile : les exportations marocaines atteignent 116,15 milliards de dirhams à fin août 2026, en hausse de 14,5 %

Ecrit Par Maglor — Le secteur automobile continue de tirer le commerce extérieur du Maroc. Selon les derniers chiffres de l'Office des changes publiés le 2 octobre 2026, les exportations du secteur ont atteint 116,148 milliards de dirhams à fin août, soit une progression de 14,5 % par rapport à la même période de 2025. Un score qui confirme la place centrale de l'industrie automobile dans l'économie du royaume, au moment où d'autres filières exportatrices peinent à suivre le rythme.

Construction et câblage, les deux moteurs du secteur

Deux segments se partagent l'essentiel de ces ventes à l'étranger. Le segment de la construction automobile, c'est-à-dire les véhicules assemblés dans les usines installées au Maroc, pèse 44,747 milliards de dirhams, avec une hausse de 19 %. Le câblage, historiquement premier métier de la filière marocaine, atteint 44,777 milliards de dirhams, en progression de 13,9 %. À eux deux, ces segments représentent plus des trois quarts du total exporté par l'automobile.

Autre signal encourageant : les composants extérieurs de véhicules affichent une croissance de 43,6 % pour 3,769 milliards de dirhams. Si le volume reste modeste comparé aux deux locomotives, cette dynamique témoigne d'une montée en gamme progressive et d'une intégration locale qui s'approfondit, un objectif ancien des pouvoirs publics pour capter davantage de valeur ajoutée sur le territoire.

L'aéronautique suit la même trajectoire

Le secteur aéronautique confirme lui aussi son essor. Ses exportations s'élèvent à 22,969 milliards de dirhams, en hausse de 21,5 %, portées par le segment de l'assemblage (+26,9 %) et par les systèmes électriques (+10,9 %). Automobile et aéronautique forment désormais un duo industriel qui structure l'offre exportatrice marocaine et attire des investisseurs étrangers à la recherche d'une base de production proche de l'Europe.

Un tableau d'ensemble plus contrasté

Au niveau national, les exportations totales atteignent 334,892 milliards de dirhams à fin août, soit une progression de 8,7 %. Mais cette moyenne masque des écarts sensibles. Les phosphates et dérivés reculent de 6 %, le textile et cuir de 5,6 % et l'électronique de 2,9 %. Autrement dit, la croissance des exportations repose largement sur quelques filières industrielles très performantes, tandis que des secteurs traditionnels subissent la concurrence internationale ou la volatilité des marchés.

Cette situation rappelle une évolution déjà observée ces dernières années : l'automobile génère désormais bien plus de recettes d'exportation que les phosphates, longtemps symbole de la puissance économique marocaine. Le pays est passé d'une économie d'exportation de matières premières à un hub manufacturier intégré aux chaînes de valeur européennes.

Les défis à relever

Cette performance appelle toutefois à la vigilance. La forte dépendance aux commandes européennes expose la filière aux retournements de conjoncture sur le continent, notamment dans la transition vers l'électrique, qui oblige les constructeurs et leurs sous-traitants à adapter leurs lignes de production. Le Maroc a engagé plusieurs projets pour accompagner cette mutation, mais l'enjeu reste de diversifier les marchés, de former une main-d'œuvre qualifiée et de renforcer le tissu de PME sous-traitantes locales.

Pour la communauté maghrébine de France, nombre de grands équipementiers et constructeurs présents au Maroc sont aussi des acteurs européens, ce qui crée des passerelles d'emploi, d'investissement et d'entrepreneuriat entre les deux rives. Les prochains chiffres de l'Office des changes permettront de vérifier si cette dynamique se maintient jusqu'à la fin de l'année 2026.

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