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Algérie-Espagne : plus de gaz via Medgaz dès 2027, un accord de principe scellé lors de la visite de Pedro Sánchez

Illustration Maglor

Ecrit Par Maglor — La coopération énergétique entre l'Algérie et l'Espagne franchit un nouveau cap. Lors de la visite à Alger du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez en juillet 2026, les deux pays sont parvenus à un accord de principe pour augmenter les exportations de gaz algérien vers la péninsule ibérique à partir de 2027. Un dossier central pour la normalisation des relations bilatérales, dans un contexte européen où la sécurité d'approvisionnement reste une priorité.

Les termes de l'accord

Selon les informations publiées par la presse spécialisée, l'Algérie a accepté d'accroître ses livraisons de 10 à 15 % à partir de 2027, alors que Madrid avait initialement demandé entre 20 et 25 %. En contrepartie, le prix du gaz pourrait augmenter jusqu'à 10 %. Le gazoduc sous-marin Medgaz, qui relie Hassi R'Mel à Almería, est au cœur de l'arrangement : les flux quotidiens pourraient passer d'environ 28 à 32 millions de mètres cubes, soit une hausse d'environ 12,5 %.

L'Algérie, premier fournisseur de l'Espagne

Les données du premier semestre 2026 montrent le poids de ce partenariat : l'Algérie a fourni 33,9 % des importations de gaz de l'Espagne, devant les États-Unis. En juin, sa part est même montée à 40,3 %. Selon d'autres analyses, la part algérienne dépassait déjà 29 % des importations espagnoles au début de l'année. L'Espagne dépend donc fortement de ce partenaire, notamment pour l'approvisionnement par gazoduc, jugé plus stable que le gaz naturel liquéfié transporté par voie maritime.

Une relation passée par des tensions

Les relations algéro-espagnoles avaient connu une crise en 2022, après le changement de position de Madrid sur le Sahara occidental. Depuis, les contacts ont repris progressivement, l'énergie servant de levier de rapprochement. Au printemps 2026, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, s'était rendu à Alger le 26 mars, un jour après la visite de la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni, le 25 mars, signe de l'intensité de la diplomatie énergétique européenne envers l'Algérie.

Un enjeu européen

L'Italie a reçu environ 20 milliards de mètres cubes de gaz algérien en 2025, soit près de 30 % de sa consommation, via le gazoduc TransMed qui traverse la Tunisie. Le commissaire européen à l'Énergie, Dan Jørgensen, s'était lui aussi rendu en Algérie en février 2026. Pour Bruxelles comme pour les capitales du Sud de l'Europe, sécuriser des volumes algériens est devenu un pilier de la stratégie énergétique à moyen terme.

Ce que cela signifie pour Alger

Pour l'Algérie, l'accord est une source de recettes et un instrument diplomatique. Il lui permet de consolider sa position de fournisseur fiable en Europe du Sud, tout en renforçant son poids dans les discussions politiques avec Madrid. Reste à vérifier la capacité de production et de transport nécessaire pour honorer ces volumes supplémentaires tout en répondant à la demande intérieure, en forte croissance.

Pour la communauté algérienne d'Espagne et de France, ces rapprochements énergétiques et diplomatiques sont suivis de près : ils conditionnent en partie le climat des relations entre l'Algérie et ses partenaires européens, et donc la circulation des personnes, des biens et des investissements entre les deux rives de la Méditerranée.

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