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Maroc : le PAM, l'Istiqlal, l'USFP et le PPS scellent une majorité de 207 députés, le RNI d'Akhannouch écarté

Illustration Maglor

Ecrit Par Maglor — Le paysage politique marocain vient de basculer. Le 12 octobre 2026, Fatima Ezzahra El Mansouri, cheffe du gouvernement désignée, a annoncé une alliance entre quatre partis : le Parti authenticité et modernité (PAM), l'Istiqlal, l'Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS). Un communiqué commun confirme leur accord pour former le prochain exécutif, sans le Rassemblement national des indépendants (RNI) d'Aziz Akhannouch, pourtant à la tête du gouvernement sortant.

Une majorité de 207 sièges sur 395

Les chiffres sont nets : la coalition réunit 207 députés sur les 395 que compte la Chambre des représentants, soit neuf de plus que la majorité absolue fixée à 198. Les résultats définitifs, proclamés le 26 septembre par le ministère de l'Intérieur, avaient placé le PAM en tête avec 97 sièges, devant le RNI (66), l'Istiqlal (65) et le PJD (54). Quatorze formations siègent désormais à la Chambre.

Le roi Mohammed VI avait nommé Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête du gouvernement le 29 septembre 2026. Ancienne maire de Marrakech, elle devient la première femme à occuper cette fonction dans l'histoire du Royaume. Le 13 octobre, le PAM a également fait élire Ahmed Touizi à la présidence de la Chambre, un signal supplémentaire de la solidité de l'arithmétique parlementaire en construction.

La fin de l'alliance sortante

Le RNI, le PAM et l'Istiqlal gouvernaient ensemble depuis 2021 et totalisaient encore 228 sièges au lendemain du scrutin. Cette alliance ne sera pas reconduite. L'Istiqlal reste dans la majorité, tandis que l'USFP et le PPS, historiquement rattachés à la Koutla, quittent les bancs de l'opposition pour rejoindre l'exécutif. Les quatre partenaires évoquent un « gouvernement politique fort », fondé sur leur proximité idéologique et sur un programme commun.

Des dossiers sociaux et un rendez-vous sportif

Le communiqué ne mentionne encore aucun nom de ministre : la répartition des portefeuilles reste à négocier. L'équipe qui en sortira devra répondre aux attentes sociales exprimées ces derniers mois, en particulier sur l'emploi, l'éducation et la santé. Elle devra aussi accélérer la préparation de la Coupe du monde 2030, que le Maroc organisera avec l'Espagne et le Portugal, et qui mobilise des investissements publics considérables.

Le contexte électoral ajoute une nuance : la participation n'a atteint que 38,08 % des 15,8 millions d'inscrits, contre 50,35 % en 2021, soit un recul de plus de douze points. Ce chiffre rappelle au futur gouvernement que sa légitimité devra aussi se construire par des résultats concrets, notamment auprès des jeunes et des classes moyennes.

Les prochaines étapes

Le gouvernement devra être nommé par le souverain, puis obtenir la confiance de la majorité absolue des membres de la Chambre lors de sa présentation devant le Parlement. Avec neuf voix d'avance seulement, la discipline de coalition sera un enjeu permanent. Pour les Marocains de France et du monde, qui suivent de près cette recomposition, l'équilibre entre continuité des réformes engagées et attentes de changement sera l'un des fils rouges de cette douzième législature.

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