Ecrit Par Maglor — Le roi Mohammed VI a nommé, vendredi 16 octobre 2026, le gouvernement dirigé par Fatima Ezzahra El Mansouri, cheffe du gouvernement depuis le 29 septembre. Les ministres ont prêté serment devant le souverain, ce qui ferme la séquence ouverte par les élections législatives et par la négociation d'une coalition entre le PAM, l'Istiqlal, l'USFP et le PPS.
Une équipe de 31 membres
D'après la liste publiée par la presse marocaine, l'exécutif compte, en plus de la cheffe du gouvernement, 19 ministres et 11 ministres délégués, soit 31 membres. Hassan Tariq figure à la tête du secrétariat général du gouvernement, une fonction administrative qui n'est pas ministérielle. Sept femmes siègent dans l'équipe, parmi lesquelles la cheffe du gouvernement elle-même, Charafat Afailal, Najwa Koukouss, Kouloub Faitah, Madiha Khayr, Fatima Saadi et Aïcha Guellaa.
Les portefeuilles régaliens et économiques
Les postes de souveraineté restent attribués à des figures déjà connues : Abdelouafi Laftit conserve l'Intérieur, Nasser Bourita les Affaires étrangères, avec la coopération africaine et les Marocains résidant à l'étranger dans son périmètre, Abdellatif Ouahbi la Justice et Ahmed Toufiq les Habous et affaires islamiques. Sur le plan économique, Fouzi Lekjaa prend un grand ministère de l'Économie, des Finances et de la Performance publique, tandis que Ryad Mezzour dirige l'Industrie, le Commerce, l'Investissement et l'Inclusion économique.
Les ministères sociaux sont confiés à Nabil Benabdallah pour l'Éducation nationale, à Youns Bjijou pour la Santé et la Protection sociale, à Abderrahim Chahid pour l'Emploi et le Dialogue social et à Najwa Koukouss pour la Famille, le Développement social et l'Égalité. Nizar Baraka garde l'Équipement, l'Eau et les Forêts, un dossier central alors que le pays affronte des tensions hydriques récurrentes, et Charafat Afailal l'Énergie, les Mines et le Développement durable. Samir Belfkih, chargé de l'Aménagement du territoire, de l'Urbanisme et de l'Habitat, endosse aussi la fonction de porte-parole du gouvernement.
Des intitulés plus larges
Plusieurs intitulés traduisent une volonté de regrouper les compétences. Ahmed Rahhou pilote un portefeuille associant intelligence artificielle, transformation numérique et réforme de l'administration, avec Aïcha Guellaa comme ministre déléguée. L'Économie et les Finances sont réunies avec la performance publique. Autour de la cheffe du gouvernement, Abdeltif Loudyi demeure chargé de l'Administration de la défense nationale et Kouloub Faitah des relations avec le Parlement et la société civile. Le commerce extérieur échoit à Omar Hejira, la pêche maritime à Ahmed Mehdi Mezouari.
Ce qui attend le gouvernement
Le calendrier est serré. L'équipe doit présenter son programme devant les deux Chambres réunies, puis solliciter la confiance de la Chambre des représentants, où la coalition dispose de 207 sièges, soit neuf de plus que la majorité absolue fixée à 198. Cette marge confortable sur le papier n'exclut pas des arbitrages délicats entre quatre partis aux sensibilités différentes.
Le premier test sera budgétaire : le projet de loi de finances 2027 doit être déposé au plus tard le 20 octobre. Il devra concilier la poursuite des chantiers sociaux, la pression de l'inflation sur le pouvoir d'achat, les besoins en eau et en énergie et les engagements d'investissement liés aux grands rendez-vous sportifs à venir.
Pour les Marocains résidant à l'étranger, le maintien de leur portefeuille dans le périmètre du ministre des Affaires étrangères sera observé de près, de même que les mesures annoncées sur l'investissement et les démarches administratives. Le discours de politique générale de Mme El Mansouri donnera les premières indications de cap.