Ecrit Par Maglor — Réussir en Europe ne garantit pas de réussir en Algérie. C'est le message d'une rencontre organisée le 15 octobre 2026 à Charleroi, en Belgique, par BtoB213 et Performanze, sous le titre « Entreprendre en Algérie : ce que l'expérience européenne ne suffit pas à garantir ». L'événement s'adressait aux entrepreneurs, investisseurs et cadres de la diaspora algérienne et aux personnes d'autres origines intéressées par le marché algérien.
Un format de terrain
La soirée, de 18 h 30 à 21 heures, reposait sur des témoignages, des échanges directs et du réseautage, avec une participation de 25 euros et des places limitées. Les informations et les inscriptions passaient par la plateforme Ladjazpora. Les intervenants n'avaient pas été annoncés au moment de la présentation de l'événement, mais l'intention était claire : confronter les projets de retour ou d'investissement à la réalité du terrain.
Le piège de la familiarité
Le principal argument est psychologique. La langue, les liens familiaux et la connaissance personnelle du pays donnent souvent l'impression que l'adaptation sera facile. Or un environnement économique a ses propres règles, ses propres pratiques et ses propres rythmes. Les compétences et les réseaux acquis en Europe sont des atouts, mais ils doivent être testés plutôt que présumés.
Les obstacles les plus cités
Les organisateurs listent plusieurs difficultés : créer l'entreprise et trouver des partenaires fiables, comprendre les procédures administratives, identifier les besoins réels d'un secteur, construire des relations commerciales durables et se défaire de visions romantiques du retour. Un lecteur de l'article source a ajouté que l'expression « ses propres règles » pouvait cacher un système où les relations comptent plus que le mérite, ce qui rappelle que la perception du climat des affaires reste un sujet sensible.
Des leçons valables pour toute la diaspora maghrébine
Si la rencontre concernait l'Algérie, ses enseignements dépassent le cas algérien et concernent aussi les Marocains et les Tunisiens de l'étranger qui envisagent d'investir. Les chroniqueurs marocains soulignent par exemple depuis des mois les écarts de fiscalité, la concurrence du secteur informel et les contraintes sur les paiements internationaux auxquels se heurtent les porteurs de projet de retour. Dans tous les cas, la méthode proposée est la même : partir des réalités locales, rassembler des informations fiables, rencontrer les bons interlocuteurs avant d'investir et passer du désir d'investir à un projet viable.
Quelques réflexes pratiques
Avant de s'engager, un entrepreneur de la diaspora a intérêt à tester son idée à petite échelle, à s'associer à un partenaire local de confiance, à se faire conseiller par un juriste et un expert-comptable du pays, et à vérifier les règles de rapatriement des bénéfices. Les rencontres comme celle de Charleroi, qui mêlent retours d'expérience et réseaux, offrent un premier filtre utile.
L'intérêt de la démarche est de remplacer l'enthousiasme par la préparation. Pour une diaspora dont les transferts et l'épargne pèsent lourd dans les économies d'origine, mieux orienter les projets vers des entreprises viables est un enjeu à la fois personnel et collectif.