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Tribune : sept femmes sur trente et un membres, la parité reste un chantier au gouvernement marocain

Ecrit Par Maglor — Le gouvernement de Fatima Ezzahra El Mansouri, nommé le 16 octobre, restera dans l'histoire pour une raison simple : une femme est pour la première fois cheffe du gouvernement marocain. Mais la lecture de la liste des ministres invite à un regard plus nuancé. Sur 31 membres, sept sont des femmes, soit environ 23 %.

Un symbole fort

Il faut commencer par reconnaître la portée du moment. Pour des millions de Marocaines et de Marocains, y compris ceux de la diaspora, voir une femme diriger l'exécutif est un fait politique et symbolique majeur. Il inscrit le Maroc dans une évolution lente mais réelle de ses institutions, après la réforme de la Moudawana et la montée des femmes dans les professions judiciaires, médicales et universitaires.

Un chiffre qui interroge

Un quart environ de femmes, ce n'est pas la parité que la Constitution de 2011 érige en objectif. Et le détail compte autant que le total. Les postes de souveraineté, Intérieur, Affaires étrangères, Justice et Habous, restent entre des mains masculines. Les femmes occupent des portefeuilles importants, comme l'Énergie, les Mines et le Développement durable, ou la Famille et l'Égalité, mais la répartition rappelle un schéma ancien : les femmes sont davantage présentes dans le social que dans le régalien et l'économique. Ce n'est pas une faute individuelle, c'est un constat structurel.

Les partis, premiers responsables

Les ministres sont proposés par les partis de la coalition. Si le vivier féminin est insuffisant, c'est d'abord parce que les formations politiques ne parient pas assez sur leurs militantes, ni dans les investitures, ni dans les directions, ni dans les listes locales. Réclamer plus de femmes au gouvernement sans exiger plus de femmes dans les appareils partisans revient à traiter le symptôme.

Ce que la diaspora peut attendre

Les Marocains du monde observent ces évolutions avec attention. Beaucoup de femmes de la diaspora, cadres, entrepreneures, chercheuses, enseignantes, contribuent déjà au développement du pays. Un gouvernement qui prétend mobiliser les compétences de l'étranger doit aussi leur donner une place dans les instances de décision, dans les conseils consultatifs comme dans les instances de consultation.

Des actes plutôt que des symboles

Le véritable test sera celui des politiques publiques : emploi des femmes, dont le taux d'activité reste faible, accès à la santé et à l'école en milieu rural, lutte contre les violences, application effective du droit de la famille. La cheffe du gouvernement dispose d'une marge pour avancer sur ces dossiers, notamment dans le projet de loi de finances 2027, qui sera son premier exercice budgétaire.

Applaudir cette première est légitime. Se contenter de l'applaudir serait une erreur. La parité ne se décrète pas par un portrait de groupe, elle se construit par des listes électorales, des promotions internes, des budgets et des lois. Nous jugerons ce gouvernement à cette aune.

Cette tribune engage la rédaction de Maglor et reflète une opinion, non une information.

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