Ecrit Par Maglor — Depuis la rentrée 2026, les étudiants extra-européens inscrits dans les universités publiques françaises paient des frais d'inscription fortement relevés. Pour les familles du Maghreb, qui comptent parmi les premières à envoyer leurs enfants étudier en France, cette réforme change la donne.
Les montants en vigueur
Selon les informations rapportées par la presse en mai dernier, les frais s'élèvent à 2 895 euros par an en licence et 3 941 euros en master pour les étudiants non européens, contre 178 euros en licence et 254 euros en master pour les étudiants français et de l'Union européenne. La réforme vise un rendement d'environ 250 millions d'euros et concerne les 78 universités publiques du pays. Certaines sources indiquent des montants légèrement différents (autour de 2 900 euros et 3 950 euros), la différence provenant d'arrondis et de modalités d'application selon les établissements.
Un public maghrébin très concerné
Environ 30 000 étudiants algériens sont inscrits dans les universités françaises. Les étudiants marocains et tunisiens forment eux aussi des effectifs importants. Pour eux, la facture annuelle est multipliée par plus de seize, sans compter les frais de visa, de logement et de vie courante. Les familles s'interrogent ainsi sur la pertinence de maintenir le choix de la France, ou d'envisager d'autres destinations.
Des universités prises de court
La réforme a été annoncée tardivement. La présidente de l'université Toulouse Paul Sabatier, Odile Rauzy, a estimé que « cette annonce tardive ne peut que provoquer des difficultés importantes », alors que son établissement accueille 4 814 étudiants non européens et n'avait pas encore arrêté ses modalités d'application. Les universités communiquent sur des conditions d'exonération, dont le détail varie selon les établissements. Les étudiants sont invités à se renseigner directement auprès du service des relations internationales de leur université.
Un enjeu d'attractivité
Campus France estime que les étudiants étrangers apportent environ 1,35 milliard d'euros par an à l'économie française. Les défenseurs de la hausse font valoir la nécessité de mieux financer l'enseignement supérieur ; ses détracteurs craignent une baisse de l'attractivité et une sélection par l'argent, au détriment des étudiants issus de familles modestes.
Que faire concrètement ?
Les étudiants concernés ont intérêt à vérifier trois points : leur éligibilité à une exonération, les bourses proposées par leur pays d'origine ou par les établissements, et les possibilités de financement complémentaires. Pour ceux qui sont déjà en France, il convient de vérifier si le statut d'étudiant en cours de cursus ouvre droit à un régime particulier, car les situations varient. Les établissements, les associations étudiantes et les consulats sont les relais d'information les plus fiables.
À l'heure où le coût de la vie pèse déjà lourdement sur les étudiants, cette réforme ajoute une barrière financière significative. Son impact réel sur les inscriptions en provenance du Maghreb sera mesuré dans les mois à venir.