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BAD : 487 millions de dollars pour la troisième phase du programme de réformes et de résilience climatique du Maroc

Illustration Maglor

Ecrit Par Maglor — Le conseil d'administration de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, le 21 octobre, un financement de 487 millions de dollars en faveur du Maroc. L'annonce a été rendue publique le 22 octobre. L'enveloppe soutient la troisième phase du Programme d'appui au renforcement de la gouvernance économique et de la résilience au changement climatique (PGRCC), un dispositif qui s'inscrit dans la continuité des deux phases précédentes.

Un appui budgétaire adossé à des réformes

Selon la banque, l'opération vise à faire avancer les réformes économiques, à renforcer la résilience climatique et à soutenir une croissance plus inclusive. Elle cherche aussi à élargir le rôle du secteur privé dans l'investissement et la création de valeur, tout en recentrant l'État sur ses fonctions stratégiques. L'objectif affiché est de préserver l'espace budgétaire et les dépenses prioritaires, tout en maintenant le rythme des réformes et de l'investissement.

Deux piliers : gouvernance économique et résilience énergétique

Le programme repose sur deux composantes. La première concerne la gouvernance économique et le secteur privé : restructuration du portefeuille des entreprises publiques, modernisation du cadre des partenariats public-privé et amélioration du climat des affaires. Il s'agit d'attirer davantage d'investissements privés, notamment en soutenant les petites et moyennes entreprises, l'innovation et l'intégration dans les chaînes de valeur mondiales.

La seconde composante porte sur la résilience climatique et énergétique. Elle prévoit des réformes de la gouvernance des secteurs de l'eau et de l'électricité, ainsi qu'une meilleure prise en compte des enjeux climatiques dans les politiques publiques, afin d'accompagner la transition vers une économie bas carbone.

Un contexte de chocs externes

Ce financement répond aux effets de la crise au Moyen-Orient, en particulier la hausse des coûts de l'énergie et du transport. Il relève du cadre de réponse de la BAD à la crise mondiale de l'énergie et des engrais, qui associe un soutien de court terme face aux chocs et des mesures de résilience de plus long terme.

Abdoulaye Coulibaly, directeur de la gouvernance et des réformes économiques à la BAD, a souligné que l'ambition était d'aider à amortir les chocs exogènes, qu'ils soient économiques, énergétiques ou climatiques, tout en consolidant les réformes structurelles et en encourageant l'investissement privé. Achraf Tarsim, responsable pays de la banque pour le Maroc, a de son côté indiqué que le Royaume poursuit ses réformes malgré les turbulences extérieures et que cet appui devrait accélérer la transformation économique, soutenir la croissance et créer des emplois.

Ce que l'on ne sait pas encore

La communication de la banque ne précise ni les conditions financières du prêt, ni le calendrier des décaissements, ni les objectifs chiffrés par projet. Ces éléments seront à suivre dans les prochaines semaines.

Pourquoi cela compte

Pour les Marocains de France et d'ailleurs, cette annonce s'inscrit dans un contexte plus large : un nouveau gouvernement vient d'être nommé, le budget 2027 est en préparation et le pays cherche à concilier soutien à la croissance, discipline budgétaire et transition énergétique. L'appui d'un bailleur multilatéral comme la BAD constitue un signal de confiance, mais il reste conditionné à la mise en œuvre effective des réformes annoncées, notamment celle du portefeuille des entreprises publiques et du cadre des partenariats public-privé.

Le Maroc, qui a déjà bénéficié des deux premières phases de ce programme, entend ainsi poursuivre un agenda de réformes qui mêle économie, eau et énergie, trois domaines directement liés à la vie quotidienne des ménages et à l'attractivité du pays pour les investisseurs, y compris ceux de la diaspora.

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