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Maroc : le HCP table sur une croissance de 4,7 % au quatrième trimestre malgré le choc énergétique

Ecrit Par Maglor — Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) a publié le 14 octobre sa note de conjoncture, et le tableau qu'elle dessine est celui d'une économie marocaine qui avance, mais sous contrainte. Après 4,6 % au premier trimestre et 4 % au deuxième, la croissance est estimée à 4,1 % au troisième trimestre, avant un rebond attendu à 4,7 % au quatrième.

Un choc énergétique qui pèse sur l'industrie

Le HCP rattache le ralentissement de l'année au choc énergétique provoqué par la guerre en Iran, déclenchée fin février 2026. Les cours des matières premières énergétiques sont revenus à des niveaux proches de ceux de 2022, ce qui a renchéri les intrants énergétiques et minéraux dont dépend l'appareil productif marocain.

Les chiffres du deuxième trimestre en témoignent : les activités secondaires ont reculé de 3,9 %, alors que les activités primaires ont bondi de 20,9 % et que les services ont progressé de 4 %. La formation brute de capital a, elle, ralenti de 10,8 % à 6,8 %, en raison de coûts de production plus élevés et d'une demande de logements plus faible. Pour le troisième trimestre, le HCP estime que l'agriculture progresserait de 19,9 % et les services de 3,9 %, tandis que l'industrie reculerait de 1,9 %.

Le rebond attendu du quatrième trimestre

Pour la fin de l'année, le HCP prévoit une consommation des ménages en hausse de 4,3 % et un investissement en progression de 6,8 %, soutenu par les grands projets d'infrastructure. L'agriculture, les services et la reprise des industries extractives devraient rester les principaux moteurs, sous l'hypothèse d'une relative stabilité des prix de l'énergie. Si ces prix baissaient et que l'approvisionnement s'améliorait, la croissance du dernier trimestre pourrait même atteindre environ 5,3 %.

Conditions monétaires et marchés

Le crédit à l'économie progresse de 11,1 % sur un an et la masse monétaire de 11,9 %. Bank Al-Maghrib a maintenu son taux directeur à 2,25 % pour le sixième trimestre consécutif. Le dirham a perdu 2,2 % face à l'euro et 3,8 % face au dollar, tandis que l'indice MASI a reculé de 6,8 % en glissement annuel, malgré une hausse de 4 % de la capitalisation boursière.

Ce que cela change pour les Maghrébins d'Europe

Pour les Marocains établis en Europe et pour tous ceux que le Maroc unit ou intéresse, ces indicateurs ont des effets concrets : un dirham plus faible modifie le pouvoir d'achat des transferts et des investissements réalisés au pays, et la bonne tenue de l'agriculture rappelle combien la pluviométrie reste déterminante pour l'emploi rural.

Un risque principal : le Moyen-Orient

Le HCP identifie une menace principale : une aggravation des tensions au Moyen-Orient, qui accentuerait les pressions inflationnistes et freinerait la croissance. L'économie marocaine démontre une capacité d'amortissement, grâce à la diversification de ses secteurs, mais sa dépendance aux importations énergétiques demeure son point de vulnérabilité. Les prochains mois diront si le rebond annoncé se matérialise, et dans quelle mesure le budget 2027 en cours de préparation parviendra à soutenir l'investissement sans dégrader les équilibres.

Source : note de conjoncture du HCP du 14 octobre 2026, telle que relayée par la presse marocaine.

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