Ecrit Par Maglor — Un salarié du secteur privé sur sept travaille dans l'économie sociale et solidaire (ESS) dans le Grand Est, et près de 80 000 emplois relèvent du secteur en Alsace. Selon les Dernières Nouvelles d'Alsace, repris le 24 octobre, ce pan de l'économie subit les effets des restrictions budgétaires au point que ses acteurs parlent d'un « plan social silencieux ».
Un secteur au cœur du quotidien
L'ESS regroupe des associations, des coopératives, des mutuelles et des fondations. Elle intervient dans de très nombreux domaines de la vie quotidienne, de la crèche à l'Ehpad, en passant par l'aide à domicile, l'insertion professionnelle, le sport et la culture. Ses structures emploient du personnel de proximité, souvent peu visible dans les statistiques de l'emploi industriel.
Pourquoi « silencieux » ?
L'expression de « plan social silencieux » désigne des suppressions de postes ou des gels de recrutement qui ne donnent pas lieu à des annonces spectaculaires. Contrairement à la fermeture d'une usine, la diminution d'une subvention se traduit par des heures d'ouverture réduites, un poste non remplacé, une activité abandonnée. L'effet cumulé peut être considérable, sans que l'opinion en ait conscience. Les informations disponibles ne détaillent pas à ce stade le nombre de suppressions de postes ni les financements précis concernés.
Une question qui concerne les habitants du Grand Est
Ces structures accompagnent des publics divers, dont de nombreuses familles issues de l'immigration maghrébine installées en Alsace et en Lorraine : accompagnement scolaire, accès aux droits, insertion, alphabétisation, accueil des jeunes enfants. Elles emploient aussi des salariés originaires du Maghreb ou d'ascendance maghrébine. Un recul des financements touche donc à la fois l'offre de services de proximité et des emplois accessibles à des profils parfois éloignés du marché du travail.
Des enjeux de financement public
Le modèle économique de l'ESS repose en grande partie sur des subventions, des marchés publics et des conventions avec les collectivités. Lorsque les budgets des communes, des départements, de la région et de l'État se resserrent, ce sont ces ressources qui se contractent en premier. Les associations disposent rarement de fonds propres suffisants pour compenser.
À suivre
La question sera probablement au cœur des débats budgétaires des prochaines semaines. Les acteurs du secteur réclament de la visibilité pluriannuelle sur leurs financements. Pour les habitants du Grand Est, l'enjeu est de mesurer ce que coûterait la disparition progressive de services que l'on remarque surtout lorsqu'ils ne sont plus là.
Source : Dernières Nouvelles d'Alsace, via titrespresse.com, 24 octobre 2026.