Ecrit Par Maglor — La journée du 25 octobre a donné une illustration de la diplomatie algérienne à plusieurs vitesses : réception de ministres des Affaires étrangères à la Présidence, réunion consultative sur la Libye dans la capitale et participation du ministre de l'Énergie à une rencontre ministérielle des pays exportateurs de gaz à Moscou. Trois rendez-vous qui disent la place que l'Algérie entend occuper dans son environnement régional et énergétique.
La Libye, dossier de voisinage
Alger a abrité le 25 octobre une réunion ministérielle consultative du mécanisme tripartite des pays voisins de la Libye, un format qui associe l'Algérie, l'Égypte et la Tunisie. Le président Abdelmadjid Tebboune a reçu à cette occasion le ministre égyptien des Affaires étrangères, puis le ministre tunisien des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l'étranger.
La démarche s'inscrit dans une position constante d'Alger : privilégier une solution politique libyenne, sans ingérence extérieure, et traiter la crise avec les pays les plus directement concernés par ses effets sécuritaires, migratoires et économiques. Pour les trois capitales, la stabilité de la Libye conditionne la sécurité de leurs frontières et la reprise d'échanges économiques durablement entravés.
Le gaz, levier d'influence
Au même moment, le ministre de l'Énergie, Mohamed Arkab, a pris part à Moscou à la 28e réunion ministérielle du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF), selon le compte rendu publié par la presse algérienne. L'Algérie y renforce son rôle dans les concertations gazières, à un moment où l'énergie redevient un outil central des rapports de force diplomatiques, des relations avec l'Europe jusqu'aux équilibres méditerranéens.
Cette présence a une portée particulière pour les partenaires européens de l'Algérie, au premier rang desquels l'Italie et l'Espagne, qui comptent sur ses livraisons. Elle rappelle que le gaz algérien est à la fois un produit commercial et un instrument d'influence.
Défense, médias et urnes : le front intérieur
Sur le plan interne, le chef d'état-major de l'armée, le général d'armée Saïd Chanegriha, a ouvert un colloque national consacré au rôle des médias nationaux face à ce que les autorités qualifient de guerre hybride. Le même jour, le président de l'Autorité nationale indépendante des élections, Saad Arous, a présidé une session de formation destinée aux encadrants des bureaux et centres de vote, signe que la préparation des prochains scrutins se poursuit.
Une diplomatie qui cherche la cohérence
Ces séquences, prises ensemble, dessinent une ligne : consolider les alliances de proximité au Maghreb et au Sahel, peser dans les enceintes énergétiques et sécuriser le cadre institutionnel interne. Reste à mesurer ce que ces rencontres produiront concrètement, au-delà des communiqués, en particulier sur le dossier libyen où les initiatives se multiplient sans toujours converger.
Pour les Algériens établis en France et en Europe, ces dossiers ne sont pas abstraits : ils touchent à la stabilité du voisinage, aux approvisionnements énergétiques européens et au climat politique qui entoure les relations entre Alger et ses partenaires.
Sources : Le Jour d'Algérie, APS, Radio Algérie.