Ecrit Par Maglor — Le président Kaïs Saïed a reçu le 21 octobre, au palais de Carthage, le ministre de l'Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche maritime, Ezzeddine Ben Cheikh. Au cœur de l'entretien : l'objectif d'autosuffisance alimentaire et les fragilités qui entravent encore le secteur agricole tunisien.
Un objectif réaffirmé
Selon le compte rendu de l'agence APA-Tunis publié le 22 octobre, le chef de l'État a affirmé que la Tunisie dispose des ressources, des compétences et de l'expérience nécessaires pour atteindre cet objectif. Il a demandé de mieux exploiter les travaux des instituts agricoles et de la recherche universitaire, afin de rapprocher le savoir scientifique du terrain.
Des fragilités bien identifiées
L'entretien a passé en revue plusieurs vulnérabilités. La première est la pression sur les ressources en eau, une contrainte structurelle pour un pays exposé aux sécheresses récurrentes. Viennent ensuite les difficultés de financement : le président a insisté sur la nécessité de faciliter l'accès au crédit pour les petits producteurs. La dépendance aux intrants, qu'il s'agisse d'engrais ou de semences, reste un autre point faible, tout comme les risques sanitaires, notamment les maladies des oliviers et la propagation possible du charançon rouge du palmier.
Saïed a également évoqué les pratiques d'intermédiaires qui feraient baisser les prix d'achat des dattes versés aux producteurs, un grief récurrent dans les oasis du Sud.
L'huile d'olive au centre des mesures
Pour l'huile d'olive, produit phare de l'agriculture et des exportations tunisiennes, plusieurs orientations ont été citées : fixer un prix de référence, renforcer les capacités de stockage de l'Office national de l'huile, développer le conditionnement local et élargir les débouchés internationaux. L'enjeu est de mieux valoriser un produit encore souvent exporté en vrac. Le chef de l'État a aussi demandé une distribution équitable des intrants et la reconstitution du cheptel, sans objectif chiffré à ce stade.
De l'annonce à l'exécution
L'efficacité de ces orientations dépendra de leur traduction en dispositifs financiers, en mécanismes de rémunération prévisibles pour les agriculteurs et en investissements concrets. Les annonces présidentielles ne précisent ni calendrier ni enveloppes. Or, dans un contexte de contraintes budgétaires et de tensions sur les importations, la capacité de l'État à financer le crédit rural, le stockage et la protection phytosanitaire sera déterminante.
Pour les Tunisiens de France et d'Europe, dont beaucoup restent attachés à la terre familiale et à la production d'huile ou de dattes, ces orientations ont une résonance particulière : elles touchent à des filières qui font vivre des régions entières.
Source : APA-Tunis (APAnews).