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Diaspora marocaine : quand les créateurs de contenu nés en Europe entretiennent le lien avec le pays d'origine

Ecrit Par Maglor — Le lien entre les Marocains du monde et le Royaume ne passe plus seulement par l'été au bled, les transferts d'argent ou les démarches consulaires. Il se joue de plus en plus en ligne, à travers des créateurs de contenu de la deuxième ou de la troisième génération, qui racontent leurs retrouvailles, leurs familles et leur rapport au pays.

Un exemple qui a fait le tour des réseaux

La série de portraits « Diaspo » du site Yabiladi consacrait le 24 octobre son numéro 463 à Moustapha Souafi, né à Rotterdam et installé à Anvers, connu pour ses vidéos de football. Ses retrouvailles filmées avec sa grand-mère marocaine, que l'on surnomme « Mi », ont suscité un fort engouement en ligne. Ce type de contenu, simple et émotionnel, illustre la façon dont une histoire familiale peut devenir un point de rencontre pour des milliers de jeunes d'origine marocaine dispersés entre plusieurs pays d'Europe.

Un lien qui change de forme

Cette évolution s'inscrit dans un contexte où la diaspora marocaine reste massive et mobile : l'opération Marhaba 2026 a permis l'accueil de 4,1 millions de Marocains du monde, en hausse de 1,8 %. Mais les nouvelles générations, nées en Europe, parlent parfois peu l'arabe ou l'amazigh et se reconnaissent d'abord dans des références mêlant culture européenne et héritage familial. Les réseaux sociaux deviennent alors un espace où l'on exprime à la fois l'attachement au pays et une identité double.

Entre fierté et responsabilité

Pour les institutions marocaines, ces relais informels sont un atout. Ils donnent une image positive du pays, encouragent le tourisme familial et font connaître des réalités rurales ou régionales rarement visibles. Ils posent aussi la question de la place faite à ces voix dans les politiques publiques destinées à la diaspora : programmes culturels, enseignement de la langue, dispositifs d'accompagnement des projets d'investissement. Le ministre Nasser Bourita, qui conserve le portefeuille des Marocains du monde dans le gouvernement El Mansouri, aura à arbitrer ces priorités dans le cadre du budget 2027.

Les limites de l'exercice

Ces contenus ne remplacent pas les services concrets attendus par les Marocains d'Europe : simplification des démarches, accès aux consulats, droit de vote effectif depuis l'étranger, accompagnement des retraités et des entrepreneurs. Ils rappellent cependant que le sentiment d'appartenance se construit d'abord par des liens humains avant de passer par les guichets.

À l'heure où la diaspora est souvent résumée à des chiffres, comme ceux des transferts, ces récits personnels rappellent qu'elle est avant tout faite de familles, de générations et d'histoires partagées entre deux rives.

Sources : Yabiladi, ministère de l'Intérieur / Opération Marhaba (chiffres relayés par la presse).

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