Ecrit Par Maglor — Le constructeur allemand Opel, filiale du groupe Stellantis, envisage d'adjoindre une unité de production de moteurs à son futur site d'assemblage d'Oran. Selon TSA Algérie, le projet s'inscrit dans la volonté affichée par le président Abdelmadjid Tebboune de voir naître une « voiture algérienne » à l'horizon 2028.
Une annonce dans le sillage du Mondial de l'automobile
Le 14 octobre 2026, le chef de l'État a déclaré devant des opérateurs économiques que l'Algérie disposerait d'une voiture avec un moteur et une boîte de vitesses algériens d'ici la fin 2028. Quelques jours plus tard, lors du Mondial de l'automobile de Paris (14-20 octobre), le directeur général d'Opel, Florian Huettl, a confirmé le projet d'une usine d'assemblage en Algérie, assortie d'une unité de production de moteurs.
Une délégation conduite par Falk Zimpel, directeur d'Opel pour le Moyen-Orient et l'Afrique, s'est ensuite rendue à Oran. D'après El Watan, cité par TSA, la structure de base du site est déjà en place et les unités de production sont en cours d'installation.
Un partenaire local et un ancrage industriel
Le partenaire algérien d'Opel est le groupe Halil. Le responsable de sa division automobile, Nassim Benguergoura, a participé aux discussions à Paris et a assuré sur LinkedIn de « l'engagement d'Opel à concrétiser ses projets en Algérie dans les meilleurs délais ». Florian Huettl a pour sa part indiqué, selon El Moudjahid, qu'Opel « compte amener de la compétence d'ingénierie et de production en Algérie ».
Le constructeur étudie deux volets liés : une usine d'assemblage complète et une ligne de production de moteurs, avec le recours à des fournisseurs locaux. Fiat, autre marque de Stellantis implantée à Oran depuis 2023, pourrait elle aussi être approvisionnée par cette unité de moteurs.
Les zones d'ombre du dossier
À ce stade, aucun chiffre n'a été communiqué sur la capacité de production, le montant de l'investissement ou le nombre d'emplois attendus. Ces éléments seront déterminants pour mesurer la portée réelle du projet : un moteur produit localement suppose un tissu de sous-traitants, des compétences en usinage et en métallurgie, ainsi qu'un marché suffisant pour amortir les coûts.
Un enjeu de souveraineté industrielle
L'ambition d'une voiture « algérienne » se heurte à une équation classique : l'intégration locale progresse par étapes, du montage vers la fabrication de composants, puis de sous-ensembles complexes comme le moteur. En associant un grand groupe européen disposant de plateformes éprouvées, l'Algérie cherche à raccourcir ce chemin tout en réduisant sa dépendance aux importations de véhicules.
Reste à vérifier, dans les prochains mois, le calendrier de mise en production et le niveau d'intégration réellement atteint. Les annonces de 2026 devront se traduire en lignes de production opérationnelles pour répondre à l'objectif fixé pour 2028.