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Strasbourg : l'encadrement des loyers, une motion votée mais une exclusion probable du dispositif

Illustration Maglor

Ecrit Par Maglor — Le 9 octobre, le conseil de l'Eurométropole de Strasbourg a adopté une motion en faveur du maintien de l'encadrement des loyers. Mais, depuis le vote du Sénat du 21 octobre, la métropole alsacienne risque de rester à la porte d'un dispositif qu'elle n'a jamais rejoint.

Une motion déposée par les communistes

Selon Rue89 Strasbourg, le texte adopté le 9 octobre a été déposé par le groupe communiste. Il demande que l'encadrement des loyers soit conservé. Le gouvernement est pourtant hostile au dispositif, et Strasbourg pourrait être exclue si la prolongation ne concerne que les territoires qui l'expérimentent déjà.

Le 21 octobre, le Sénat a voté la prolongation de l'expérimentation pour deux ans à périmètre constant. Seules les collectivités déjà engagées peuvent donc continuer, ce qui laisse Strasbourg de côté en l'état du texte.

Le rendez-vous manqué de 2022

Dans un communiqué relayé par Strasinfo, le groupe « Pour Strasbourg », mené par le député Thierry Sother, salue la motion tout en estimant qu'elle arrive trop tard. Il rappelle qu'en 2022, l'Eurométropole aurait pu rejoindre l'expérimentation nationale. Une motion portée par Catherine Trautmann avait été adoptée le 4 novembre 2022 pour demander à la collectivité d'engager la procédure auprès de l'État avant la clôture des candidatures. Selon ce groupe, la candidature n'a jamais été déposée, la majorité alors dirigée par Pia Imbs, Jeanne Barseghian et Danielle Dambach jugeant l'outil mal adapté au territoire.

Il s'agit ici de la lecture d'un groupe politique d'opposition, contenue dans un communiqué : elle doit être lue comme telle.

Que sait-on du marché locatif ?

Une étude de l'Adeus, publiée fin 2025, fait état d'une hausse des loyers d'environ 4,1 % à Strasbourg sur deux ans, pour la période 2023-2024. Les détails du périmètre envisagé, des loyers de référence et du calendrier d'application n'ont pas été rendus publics à ce jour.

Un outil parmi d'autres

Thierry Sother reconnaît lui-même que l'encadrement des loyers ne suffira pas à résoudre la crise du logement. Il plaide aussi pour davantage de logements sociaux et abordables, la remise sur le marché des logements vacants et la lutte contre la spéculation. Son groupe affirme qu'il continuera à défendre l'entrée de Strasbourg dans le dispositif.

Pour les habitants du Grand Est, et notamment pour les étudiants et les familles aux revenus modestes, parmi lesquels de nombreux Maghrébins installés dans l'agglomération, l'enjeu est concret : la pression sur les loyers pèse directement sur le budget des ménages. La suite dépendra du texte définitif et d'éventuels amendements lors de la navette parlementaire.

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