Ecrit Par Maglor — À quelques heures de l'échéance du mandat de la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (Minurso), fixée au 31 octobre, le Maroc a reçu à Agadir le nouveau commandant militaire de la force onusienne. La rencontre, présidée par l'inspecteur général des Forces armées royales, le général Mohammed Berrid, s'inscrit dans les contacts protocolaires habituels entre Rabat et la mission, mais elle intervient dans un moment diplomatique particulièrement dense.
Un calendrier onusien serré
Le Conseil de sécurité doit se prononcer sur le renouvellement du mandat de la Minurso, dont l'expiration est prévue ce samedi. Selon les informations rapportées par la presse marocaine, le projet de résolution a été rédigé par les États-Unis, puis amendé à la demande de la Chine et de la Russie. Ces amendements introduiraient, d'après Yabiladi, plusieurs changements jugés favorables au Maroc. Le texte exact n'étant pas encore public au moment de la rédaction de cet article, la prudence reste de mise sur la portée réelle de ces modifications.
Rabat mise sur le plan d'autonomie
Depuis plusieurs années, la diplomatie marocaine défend l'initiative d'autonomie présentée en 2007 comme la base la plus crédible, réaliste et durable pour un règlement politique du dossier. Cette position a progressivement gagné du terrain au sein de plusieurs capitales occidentales et africaines. Le Maroc cherche désormais à ce que les résolutions du Conseil de sécurité reflètent cette évolution, tout en maintenant le rôle de la Minurso dans le suivi du cessez-le-feu.
Alger et le Front Polisario mobilisent leurs soutiens
De leur côté, l'Algérie et le Front Polisario continuent de plaider pour l'autodétermination par la voie d'un référendum. Les 28 et 29 octobre, la mission algérienne auprès des Nations unies, conduite par l'ambassadeur Amar Bendjama, a organisé une conférence au siège de l'ONU consacrée au « droit à l'autodétermination » du peuple sahraoui. Des diplomates d'Angola, de Namibie, d'Afrique du Sud et d'Ouganda y ont participé. Une exposition photographique sur l'exil sahraoui, prévue du 27 au 30 octobre à l'initiative de la Namibie, a par ailleurs été démontée par le Secrétariat de l'ONU après une objection de la mission marocaine, qui y voyait un message politique.
Plusieurs organisations favorables au Polisario ont en outre adressé des courriers aux membres du Conseil, les appelant à ne pas modifier le mandat de la mission et à contester le caractère « réaliste » du plan marocain. Le 15 octobre, le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Ronald Lamola, avait rencontré son homologue algérien Ahmed Attaf à Alger ; leur communiqué conjoint exprimait un soutien au Polisario.
Ce que le vote peut changer
Au-delà des formules diplomatiques, l'enjeu du scrutin est double. Il s'agit d'abord de savoir si le Conseil conserve le format actuel de la mission, pour une durée d'un an, ou s'il y introduit des ajustements. Il s'agit ensuite de mesurer l'équilibre des voix et des abstentions, qui constitue un indicateur de l'état des rapports de force autour du dossier. Les abstentions de certains membres permanents ont souvent été interprétées, ces dernières années, comme le signe de réserves persistantes sur certains aspects du texte.
Pour la communauté marocaine de France, très attentive à ce dossier, le scrutin onusien constitue un rendez-vous symbolique. Il rappelle que la question du Sahara reste au cœur de la politique étrangère du Royaume et conditionne nombre de ses partenariats, notamment avec l'Europe et les États-Unis.
Une séquence à suivre de près
La rencontre d'Agadir témoigne de la volonté de Rabat de maintenir des relations de travail fluides avec la composante militaire de la Minurso, quelle que soit l'issue du vote. Les prochaines heures diront si le Conseil de sécurité confirme la tendance observée ces dernières années ou s'il ouvre une nouvelle phase dans le traitement du dossier. Maglor suivra les développements et reviendra sur les termes précis de la résolution dès sa publication.