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Algérie : Saidal négocie avec l'allemand Syntegon l'acquisition d'une ligne de production de vaccins

Illustration Maglor

Ecrit Par Maglor — L'Algérie poursuit sa stratégie de souveraineté sanitaire. Le mercredi 28 octobre 2026, le ministre de l'Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, a rencontré les dirigeants du groupe allemand Syntegon, au siège de l'entreprise en Allemagne, pour discuter de l'acquisition d'une ligne de production de vaccins au profit du groupe public Saidal. Le PDG de Saidal, Mourad Belkhelfa, participait à la réunion.

Des discussions sur les dernières modalités

D'après le communiqué du ministère relayé par TSA, les échanges ont porté sur les conditions restantes de l'accord, en particulier le calendrier de livraison de la ligne. Aucun montant n'a été communiqué à ce stade. Certains médias algériens évoquent une finalisation proche des négociations, mais cette information n'a pas été confirmée officiellement dans ces termes.

Un objectif politique : la souveraineté sanitaire

Le projet s'inscrit dans la feuille de route fixée par le président Abdelmadjid Tebboune, qui vise à produire localement des vaccins couvrant l'ensemble du calendrier national de vaccination. L'enjeu est à la fois sanitaire et économique : réduire la dépendance aux importations, sécuriser les approvisionnements en période de tension internationale et économiser des devises.

Le ministère présente cette ligne comme la base industrielle sur laquelle pourront s'appuyer des accords avec de grands fabricants internationaux. L'objectif affiché est de constituer un cycle de production intégré, assorti d'un transfert de technologie, afin que l'Algérie ne se limite pas au simple conditionnement de produits finis.

Une ambition africaine

Saidal ne vise pas uniquement le marché national. Le groupe entend fournir des vaccins à des pays africains par l'intermédiaire des programmes d'achat de l'UNICEF, ce qui offrirait aux produits algériens un accès aux marchés du continent et à des marchés internationaux. Cette orientation est cohérente avec la volonté d'Alger de renforcer sa présence économique en Afrique, dans la santé comme dans l'agroalimentaire ou les infrastructures.

Les défis à relever

Acquérir une ligne de production ne suffit pas à bâtir une filière. Il faudra encore obtenir les certifications de qualité exigées pour l'exportation, former du personnel spécialisé, sécuriser l'approvisionnement en matières premières biologiques et conclure les partenariats technologiques annoncés. L'expérience des projets antérieurs de vaccins en Algérie, annoncés à plusieurs reprises depuis une dizaine d'années, invite à la prudence : le passage de l'annonce à la production à grande échelle reste l'étape décisive.

Pour les familles algériennes, y compris celles de la diaspora en France qui suivent de près l'évolution du système de santé du pays, le dossier est à suivre. Il illustre la tentative de l'Algérie de diversifier son économie au-delà des hydrocarbures en misant sur l'industrie pharmaceutique, un secteur où le pays a déjà réduit une partie de sa facture d'importation ces dernières années.

Les prochaines semaines devraient préciser le calendrier de livraison, le montant du contrat et la date de démarrage de la production.

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