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Tunisie : à fin septembre, un déficit commercial de près de 21 milliards de dinars, dont la moitié due à l'énergie

Illustration Maglor

Ecrit Par Maglor — Les chiffres du commerce extérieur tunisien à fin septembre 2026 confirment une dégradation des équilibres : le déficit commercial atteint 20 997 millions de dinars, contre 16 727 millions un an plus tôt. La balance énergétique, à elle seule, pèse environ la moitié du total.

Des importations qui progressent plus vite que les exportations

Sur les neuf premiers mois de l'année, les exportations ont atteint 50 400 millions de dinars, en hausse de 8,6 %. Les importations, elles, ont grimpé de 13,1 % pour s'établir à 71 397 millions de dinars. Cet écart de croissance fait reculer le taux de couverture à 70,6 %, contre 73,5 % l'an dernier.

L'énergie, premier poste de déséquilibre

Le déficit énergétique s'élève à 10 480 millions de dinars, contre 8 106,4 millions un an plus tôt. Hors énergie, le déficit commercial ressort à 10 517 millions de dinars, ce qui signifie que la facture énergétique explique à peu près la moitié du creusement observé. Les importations de produits énergétiques ont progressé de 32 %, tandis que les exportations d'énergie ont augmenté de 43,1 %, sans parvenir à compenser l'écart.

Ce constat rappelle la dépendance structurelle du pays à l'égard des hydrocarbures importés, alors que la production nationale de gaz et de pétrole reste en retrait et que la part des énergies renouvelables dans la production d'électricité plafonne bien en deçà des objectifs fixés pour 2035.

Agroalimentaire et mécanique en soutien

Parmi les points positifs, les exportations agroalimentaires ont progressé de 20,3 %, portées notamment par l'huile d'olive, et les industries mécaniques et électriques de 9,9 %. À l'inverse, les secteurs des mines et du phosphate ont reculé de 16,5 % et le textile de 4,7 %. Côté importations, les produits alimentaires (+16,3 %), les matières premières (+9,6 %), les biens de consommation (+9,5 %) et les biens d'équipement (+6,3 %) augmentent également.

L'Union européenne reste le partenaire central

L'Union européenne absorbe 70,2 % des exportations tunisiennes, soit 35 386,3 millions de dinars, et fournit 44,8 % des importations. Les ventes vers la France progressent de 5,4 %, vers l'Italie de 5 % et vers l'Allemagne de 3,9 %. Les exportations vers l'Égypte (+78,6 %) et l'Arabie saoudite (+52,1 %) affichent de fortes hausses, tandis que celles vers le Maroc (-22,1 %) et l'Algérie (-11 %) reculent, signe de la faiblesse persistante des échanges intermaghrébins. Côté importations, la France (+18,1 %) et l'Italie (+18,6 %) augmentent, alors que les achats auprès de la Russie chutent de 54 %.

Les enjeux pour les prochains mois

Pour les Tunisiens de France, ces chiffres ont une résonance concrète : un déficit courant élevé pèse sur le dinar, sur les finances publiques et sur le pouvoir d'achat. Les économistes appellent à accélérer la transition énergétique, à diversifier les marchés d'exportation et à renforcer les filières à plus forte valeur ajoutée. À court terme, la bonne tenue de l'agroalimentaire et les transferts de la diaspora demeurent des amortisseurs importants.

La question de fond est celle de la trajectoire : si la tendance se poursuit jusqu'à la fin de l'année, le déficit annuel pourrait dépasser celui de 2025, avec des conséquences sur le besoin de financement extérieur du pays.

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